Féminisme et mutilations sexuelles infantiles - Sigismond

From Peaceful Beginnings

Les cercles féministes extrémistes hostiles au féminisme inclusif, amalgame la mutilation sexuelle des enfants avec les violences faites aux femmes. Il est vrai que les mutilations sexuelles sont particulièrement sévères dans la castration de l'organe érectile et de la vulve de la femme, pour ne rien dire des désastres à long terme souvent subis par les organes voisins. Dans les sociétés où la femme est ouvertement une marchandise, ces excisions, ravalant la sexualité féminine à la fonction de substitut du prépuce, sont le complément ultime, logique, de la circoncision et vice-versa. En effet, dans les cultures polygames, ces castrations partielles, menaces de castration totale ou de mort, visent ou visaient d'un côté à imposer virginité et fidélité en réduisant les ardeurs des jeunes femmes par l'infirmité et la terreur, de l'autre, toujours par la terreur, à dissuader les fils de rivaliser avec leurs pères vis à vis des jeunes épouses. La circoncision, nous l'avons vu, menace davantage la petite fille que le petit garçon. Les mutilations sexuelles infantiles sont ainsi l'un des instruments de la perversion de la relation femme-homme dans la société patriarco-matriarcale (traitement de la femme comme une servante plutôt que comme une égale, réclusion à la maison ou sous la robe, souci obsessionnel de la pureté, négation du droit à l'éducation et au travail, vente comme marchandise, mariage forcé, interdiction du mariage avec les étrangers, répudiation, absence de droit au divorce, polygamie, impunité du viol, lapidation des adultères, crimes d' "honneur"). L'une des pires répressions de l'indépendance individuelle et de la sexualité, elles traumatisent, terrorisent et culpabilisent l'enfant et l'adulte. Mais à trop vouloir tirer – c'est tentant dans une lutte sexiste contre "les hommes" – sur l'argument d'une mutilation hâtivement dite féminine, nombre de féministes occidentales pervertissent la conceptualisation des mutilations sexuelles pour en faire une affaire d'adultes, alors que, souvent, la mutilation marque précisément le passage à l'âge adulte. Cette interprétation fausse le sens profond d'une violence exercée sur les enfants des deux sexes. Il faut dire et répéter que les mutilations sexuelles sont infantiles avant d'être féminines ou masculines ; elles visent la sexualité infantile bien davantage que la sexualité adulte. Il suffit pour s'en convaincre de constater qu'en Afrique, devant la réaction des autorités qui interdisent les mutilations sexuelles féminines, ces dernières frappent de plus en plus jeunes les petites filles parce qu'elles commencent à se défendre, avec l'appui de la police.

Deuxièmement, la circoncision des garçons est une évidente menace de castration par tranches et lorsque la "fête" de la circoncision avait lieu le 1er janvier, on pouvait se demander ce qu'il allait rester le 31 décembre ! Aussi, puisque les féministes revendiquent avec justesse que l'excision, sexuellement parlant, est l'équivalent d'une castration, elles devraient admettre que même lorsque seule la circoncision est pratiquée, elle menace tout autant les filles, avec l'entier traumatisme afférent.

L'interprétation féministe attribue ensuite aux hommes la responsabilité de mutilations le plus souvent accomplies par les femmes. En réalité les adultes, femmes et hommes, sont complices. Mais ils ne sont pas seulement complices dans l'exécution ; ils le sont surtout quant au but poursuivi : interdire et culpabiliser la sexualité infantile et juvénile.

Dans leur aveuglement, les féministes accusent les opposants des mutilations sexuelles infantiles qui refusent les distinctions de genre sans, bien évidemment, dénier la gravité patente des dommages provoqués par l'excision, d' "amalgamer de façon suspecte" circoncision et excision. Elles n'hésitent pas à affirmer gratuitement que les deux mutilations n'auraient rien de commun, que la circoncision ne serait pas une mutilation et parfois même qu'elle serait réalisée dans le bien de l'enfant. Introduisant une discrimination sexiste dans le droit fondamental de la personne humaine à l'intégrité physique, elles ignorent la réalité et la gravité de la perte et des accidents de la mutilation virile et font de l'excision une pure expression de la domination masculine. Comme si les exciseuses, agentes du crime, n'en étaient même pas complices et comme si la circoncision n'était pas aussi une expression de la domination maternelle et d'une secrète vengeance contre les hommes. A les suivre, Awa Gréou, condamnée à sept ans de prison ferme par la cour d'assises de Paris pour avoir gagné sa vie en mutilant des petites filles, serait une martyre de la domination masculine. Les pires de ces éventuelles mères refusent de se commettre dans un combat qui, à les entendre, ne concernerait que les mâles.

L'interprétation féministe tire sa puissance de séduction d'une part des terribles ravages provoqués par l'excision, d'autre part de la force de l'amour pour la mère dont elle utilise et préserve à la fois la pure et sainte image en la déchargeant de toute responsabilité. Dans le but inconscient de laisser son image intacte, la thèse sexiste féministe fait porter sur "les hommes" la responsabilité du crime des adultes sur les enfants.

Mais c'est avec raison qu'elles condamnent en bloc les différentes sortes de mutilations sexuelles féminines : infibulation, excision du clitoris, de son capuchon, des lèvres ainsi que – insistait Khadi Koïta, une célèbre militante africaine – la mutilation par simple piqûre, soi-disant symbolique mais traumatisante et portant atteinte à la dignité de la personne humaine :

"Et quelques uns pensent qu'il faut garder le symbolique en effectuant une petite incision afin de faire couler un peu de sang, tout cela pour ce fameux respect des cultures. Mais nous voudrions dire aux médecins du monde entier que nous, les femmes, nous sommes contre tout acte de médicalisation, sous quelque forme que ce soit, qu'un médecin doit soigner, guérir, réparer, sauver une vie et non détruire, et surtout pas mutiler au nom du respect de coutumes ou de traditions néfastes à la santé."

Bravo pour un amalgame pour une fois pleinement justifié ! Mais en exclure la circoncision de la partie féminine du sexe de l'homme n'est pas suspect mais bien coupable – sur fonds d’androphobie galopante – de déni de la réalité des dommages psychologiques et physiques de la mutilation masculine. Honte à celles qui s'insurgent pour une goutte de sang des petites filles pour oublier les graves hémorragies de leurs petits garçons ! Si l'excision est particulièrement sexiste, ce n'est pas à cause de son but : la domination de l'enfant par mise sous terreur inconsciente, mais à cause de son odieuse inconscience des ravages qu'elle provoque. Mais aujourd'hui, ceux-ci sont amenuisés par l'excision "propre" pratiquée à grande échelle dans les hôpitaux africains. Car on arrive au stade où les répressifs réducteurs de la sexualité dite infantile tentent de faire passer l'excision pour une opération purement cosmétique, symétrique de celle d'un prépuce dont on ignore totalement la valeur érogène, sans tenir compte de la perte d'une érectilité considérée comme sans objet. Cependant, le génie chirurgical parvient aujourd'hui à restaurer le clitoris dont les terminaisons nerveuses subsistent, enfouies sous une terrible cicatrice. Leur mise à jour permet d'arrêter la douleur et de récupérer quelque usage de l'organe éradiqué. Aucune chirurgie ne rendra jamais aux non-entiers leur anneau érogène.

En résumé, les féministes sexistes commettent deux erreurs. Une du côté des agents : amalgamer le conflit des générations et des classes sociales avec la guerre des sexes, autant dans le but d'innocenter les femmes que dans celui de tirer argument contre les hommes de la mutilation des filles pratiquée par les mères. Une du côté des victimes : exclure les garçons comme s'ils étaient des adversaires. Tout cela masque le véritable but des mutilations sexuelles infantiles et autres atteintes au corps humain : dominer la population, plus particulièrement la jeunesse et les femmes, pour l'exploiter. Ceux qui luttent sans arrière-pensées contre toute forme d'atteinte à la dignité et à l'intégrité physique des enfants ne s'attardent pas à des comparaisons contre-productives. Comme Marilyn Milos aime à le dire, "Les hurlements des enfants qui passent sous le couteau ne sont pas discernables."

Une féministe anonyme met les choses au point sur un forum africain

"Les femmes occidentales récupèrent la lutte des femmes africaines contre l'excision et en font une pratique discriminatoire des hommes africains à l'égard de leurs femmes. C'est contre cette politique de division que se sont soulevées les femmes noires en "protestant contre le maternalisme des femmes blanches" et en créant leur propre concept de lutte qui prend en compte d'abord les femmes dans ce qui constitue leur essence même et leur complémentarité d'avec les hommes. C'est "Africana Womanism", inventé par une africaine-américaine, qui est différent du concept de féminisme européen qui a une posture de combat et d'opposition entre les hommes et les femmes…

"Oui l'excision est néfaste pour la santé de nos femmes. Il faut l'éradiquer. Nous nous efforçons de le faire aussi vite que possible mais dans l'esprit de préserver la paix et la cohésion sociales et non dans l'esprit d'opposition entre hommes et femmes en insinuant qu'elle est une pratique discriminatoire envers nos femmes. Là où elle apparaît "ainsi, c'est à cause de l'apport extérieur de la religion islamique qui accorde une place subordonnée à la femme.

Rosemary Romberg-Weiner, féministe américaine militant contre la circoncision, tient le même discours de "sécurité inclusive" :

"On s'est beaucoup étendu sur le féminisme. La reconnaissance des droits des hommes gagne aussi du terrain. Mais le moment est venu de dépasser cela. Dans une arène où un genre est braqué contre l'autre, aucune bataille ne sera gagnée. Nous devons plutôt "reconnaître que nous sommes tous des humains ensemble sur cette planète. Nous devons nous battre pour la libération humaine. Permettre l'intégrité et la complétude des corps de nos propres enfants, reconnaître et guérir nos propres blessures n'est qu'une étape sur cette route."

  	

La finesse d'observation de Susan Peer semble un excellent moyen de ranimer la flamme de la raison. Mettant l'accent sur une symétrie biologique jusqu'ici inaperçue entre les appareils sexuels extérieurs féminin et masculin, elle prend la défense des jeunes garçons avec une finesse acerbe (cf. Annexe II).

La faiblesse de l'interprétation féministe est confirmée par le bandage des pieds en Chine qui semble être le comble de la cruauté envers les enfants. Quoique cela soit impossible à prouver en l'absence de témoignages écrits, nous supposons qu'il fut inventé, comme l'excision, pour donner une valeur marchande aux jeunes filles en leur rendant l'autosexualité impossible. La frigidité était obtenue en empêchant par la terreur l'érection clitoridienne. Le dégoût pour l'érection du clitoris fut en effet le grand fantasme de l'empereur qui tomba amoureux de sa concubine aux pieds naturellement petits. Un détail nous oblige à penser que toute la chose, au fil des ans, fut – délibérément pour les très pointus et aristocrates "chosen few" (dans les familles de l'aristocratie, la compétition entre hommes et femmes pour le pouvoir sur les enfants passe par une guerre basée sur la force physique, économique et politique pour les hommes et la séduction pour les femmes). L'empêchement de l'érection du clitoris était obtenu par la terreur d'une menace de castration symboliquement opérée à distance, par le bris des articulations des doigts en les tordant sous le pied et en forçant à marcher dessus.

Pour conclure, de même qu'est ignoble l'hypocrisie des pères qui financent l'excision de leurs filles tout en déniant toute responsabilité dans ce crime en affirmant que "c'est l'affaire des femmes", de même des mamans qui affirmeraient, comme les prétendues "Chiennes de garde", que la circoncision serait une affaire d'hommes pour refuser de s'insurger contre, oublient leur responsabilité maternelle.

Le motif fondamental des mutilations sexuelles infantiles est pour les dirigeants la soumission de leurs sujets, pour les parents celle des enfants, par la terreur inspirée aussi bien par une atroce torture que par une menace implicite de castration et de mort. Imaginer que, dans ces crimes, les mères seraient dupes des pères, relève de la naïveté ou de l'hypocrisie. Les mutilations sexuelles infantiles sont avant tout un instrument de la guerre des générations et très secondairement seulement celui de la guerre des sexes. En détournant la première au profit de la seconde, les féministes sexistes se voilent la face. A tel point qu'elles ne réalisent pas que, comme nous l'ont enseigné les rabbins réformistes (cf. chapitre V), la circoncision est aussi une pratique d'exclusion des femmes. Car mis à part le traumatisme physique, l'excision et la circoncision visent à dominer garçons et filles par un redoutable traumatisme psychologique. Ce dernier a pour but l'inculcation d'une moralité contre nature, assénée au moyen d'un redoutable chantage affectif : "Si tu fais cela (l'autosexualité), tu n'es plus mon enfant !". Il s'agit d'une menace d'exclusion et donc de mort. Autrement dit, les mutilations sexuelles infantiles entravent l'autosexualité par la terreur, dans le but d'instrumentaliser l'individu et sa vie sexuelle. Évidemment, les adultes subissent le contrecoup, particulièrement terrible pour les femmes, mais ce n'est pas le but premier qui est la domination des enfants (et des futurs adultes) par la terreur.

Si l'on ne voit pas cela, on passe à côté de l'essentiel du phénomène d'aliénation par le traumatisme infantile, physique ou mental (ici les deux). L'avantage de cette analyse est de rassembler les sexes contre l'emprise perverse, la domination physico-idéologique instaurée par les exploiteurs des deux sexes qui ont promu les mutilations sexuelles dans un but de domination sociale. Il ne faudrait pas confondre l'ennemi principal : les classes dominantes, avec "les hommes", tout aussi victimes que les femmes. Comme le bizutage, la circoncision est destinée à conforter le pouvoir des plus âgés sur les plus jeunes. Le bizutage est maintenant interdit par la loi. Il est aberrant que la circoncision ne le soit pas encore.


CLITORIS ET PREPUCE
par Susan Peer

Une vue féminine sur la façon d'éduquer les autres
au sujet de la mutilation sexuelle infantile


Un point de vue féminin

Si je parle à des femmes de la circoncision et qu'elles ont l'air de ne pas comprendre, je me fais personnelle. Quelquefois, je raconte une histoire (cela marche probablement mieux entre femmes). Je leur dis :

Imagines que tu es admise à l'hôpital pour une chirurgie mineure. Au réveil de l'anesthésie, tu t'aperçois que tes lèvres internes et le capuchon de ton clitoris ont été enlevés.
Lorsque tu rencontres le docteur, il t'explique que ces tissus ont été enlevés parce qu'ils étaient "inutiles", non nécessaires au fonctionnement sexuel.

Il poursuit en disant que tu seras plus à l'aise et que tu auras moins d'odeurs, qu'il y aura moins de chances d'infection et qu'il ressent que tu auras "meilleure" apparence, plus esthétique.Il dit que lorsqu'il a exposé tous les "risques" et "bénéfices" à ta famille, ils ont approuvé, par écrit.

Comment te sentirais-tu ?

Et maintenant, imagines que tu n'étais pas endormie mais que tu résistais mais qu'ils l'ont fait quand même.

Si elles ne comprennent pas tout de suite, elles comprennent plus tard, lorsqu'elles sont seules.

Susan Peer

Parents of Intact Sons. Information about the advantages of keeping your sons intact and support group for parents of intact boys.
Susan Peer, RR 1, Box 1324- A, East Stroudsburg, PA 18301. Tel: 717-223-1337.
(bonne feuille traduite par Sigismond)