La Genèse au risque de la psychanalyse - Sigismond
From Peaceful Beginnings
L'interprétation psychanalytique permet de décoder les trois grands mythes ontologiques de la Genèse comme des fables ingénieusement inventées pour accréditer, dès le plus jeune âge, l'idée du bien-fondé de la circoncision.
Premier mythe : Dieu (le père) crée d'abord l'homme (l'enfant) avec de la boue. Ce mythe implique que les enfants, pour le père, seigneur et maître, n'ont pas davantage de valeur que la boue.
Le mythe de la création de la femme par l'arrachage de la "côte" d'Adam est d'abord un mythe d'antériorité de la création de l'homme sur celle de la femme (c'est l'œuf qui a fait la poule), destiné à donner à l'homme pouvoir et propriété de la terre. C'est ensuite une métaphore de la circoncision. La côte, par renversement métonymique (mode de symbolisation de l'inconscient) d'un contenant en un contenu, représente le prépuce. La femme, ramenée à son vagin, est "créée" par la circoncision. Cette réduction de la femme au statut de substitut du prépuce (pur objet, esclave) est à la fois le préalable et le complément indispensable de la très polygame institution qui terrorise le futur jeune homme pour lui ôter toute velléité d'inceste avec les jeunes épouses du père.
Le troisième mythe, celui du paradis terrestre et du péché originel, est de même une image insidieusement voilée pour insuffler dans les fraîches consciences l'idée de la nécessité de la circoncision. Il reflète la situation de l'enfant dans les bras de sa mère, en train de consommer le fruit qui sera bientôt défendu par le père. La circoncision est la punition originelle qui chasse l'enfant de ce paradis. Elle fait payer très cher au petit garçon à la fois la succion du sein (la pomme) érigée en péché originel, et l'autosexualité ; on lui inflige non seulement la lacération de sa chair la plus intime (par laquelle on l'identifie de façon très phallocratique à son gland en mettant ce dernier à nu) mais encore la metsirsah : succion à vif du gland écorché et sanguinolent. Véritable vengeance de patriarches abusifs, elle punit symboliquement l'enfant de la même façon qu'il a "péché". En effet, pendant la tétée, le petit garçon jouit de sa mère, jusqu'à l'érection (le serpent), ce qui le rend "coupable d'inceste". L'arbre du bien et du mal est donc le corps de la mère. Pour couronner le tout, le mythe désigne la femme, qui a joué avec le "serpent" (en montrant son sein au bébé), comme l'agent provocateur du péché. C'est donc toute la sexualité, à base d'oralité, du nourrisson avec sa mère, qui est farouchement condamnée par une jalousie féroce.
Le plus ignoble, le plus scandaleusement et perversement contraire à la vie et à l'amour qui en est la condition, c'est le symbole du serpent, animal au venin mortel, pour désigner le sexe masculin. Ce symbolisme est une technique de culpabilisation de la vie sexuelle. Comment s'étonner qu'avec une imagerie aussi dégradante, la morale sexuelle des trois religions soit aussi malsaine, génératrice de violence contre les femmes ?
Les catholiques renforcent ce symbolisme par celui d'une femme foulant aux pieds le serpent. Outre sa grossièreté, l'image d'une femme piétinant un symbole du sexe masculin est la plus odieusement mortifère qu'on puisse imaginer imprimer dans la conscience ou l'inconscient de l'enfant. Ce dernier, faisant confiance à l'adulte, sera profondément traumatisé et meurtri par une représentation qui est un véritable appel à la castration (des chanteurs castrés ont été utilisés pour les offices religieux), voire à la circoncision suggérée par le fait que le serpent, lors de la mue, perd sa peau. A la fois obscène et criminel, ce symbolisme intoxique les consciences catholiques. Faire de ce qui donne la vie un symbole d'empoisonnement et de mort, dresser les fidèles d'une religion contre ceux d'une autre en donnant aux premiers un idéal d'hostilité à la sexualité alors que les autres sont supposés s'en laisser tenter, est un appel à la haine.
Le point de départ du traumatisme, du malaise dans la civilisation, n'est pas un imaginaire ou prétendu péché originel mais une soi-disant punition originelle effective. Après avoir goûté le fruit de l'arbre du bien et du mal (le sein maternel en jouissance gratuite pendant huit jours d'Éden), Adam et Ève se retrouvent "nus" ; lui, privé de son prépuce en punition de l'autosexualité et en menace contre de futures envies incestueuses (la confiance ne peut pas régner dans une société polygame) ; elle, contrainte avec lui de se vêtir pour que son jeune corps n'excite pas la concupiscence d'un père pour qui toutes les femmes sont à conquérir et qu'on devine passablement pédophile, incapable de faire face à la nudité de ses propres filles. La faute archaïque est la diabolique invention de pères fous de jalousie, se décrétant Dieux de leurs enfants en les culpabilisant à outrance par un crime pédophobe.
Le Dieu unique de Moïse, ennemi de la barbarie, jaloux des autres Dieux et les prohibant, remplacera par un Dieu imaginaire et bon cette déification des pères indignes. Mais, aussi bien dans les mondes africain et islamique que dans le monde occidental, l'alliance par la parole n'a pas encore réussi à détrôner l'alliance par le sang du mythe abrahamique : l'arrachage de la "côte" en punition du "croquer de la pomme".
Cependant, les machiavéliques esclavagistes rédacteurs de ces contes profondément phallocratiques, sexistes et racistes, propres à intoxiquer les jeunes cervelles d'une culpabilité à vie, se sont pris à leur propre piège en inversant l'ordre logique du péché et de la punition.
La Genèse a été écrite pour les enfants crédules. Il s'agit d'une manipulation délibérée de l'inconscient, de l'imaginaire enfantin, pour faire croire à la "nécessité" de la circoncision par plusieurs mythes convergents se renforçant les uns les autres pour préparer l'énoncé de la "loi" d'Abraham. L'interprétation psychanalytique démonte la malignité perverse de ces fables soigneusement conçues par de fins connaisseurs des mécanismes de l'inconscient, manipulateurs des masses par une technique discursive digne de la plus ingénieuse propagande totalitaire. Le but profond est de séparer, d'isoler les garçons de leurs mères, des femmes exclues de la société, du clan des hommes. Rendues complices du crime, les mères sont privées de la tendresse intime, de l'attachement, de la confiance biologique profonde et de l'amour de leurs garçons. Ces derniers, terrorisés, seront facilement dominés, enrôlés et endoctrinés par les guerriers et l'élite religieuse qui rédigea la Bible. Cette élite, par la diabolique invention du péché originel, posa les fondements pseudo-moraux de la civilisation africano-judéo-christiano-islamique, civilisation puritaine, prédatrice, spoliante.
Décryptée par l'interprétation psychanalytique, la Genèse apparaît comme un instrument machiavélique de l'ordre moral de pères barbares, sexistes, dominateurs et sûrs d'eux-mêmes, exploiteurs des femmes et des enfants. Semblablement, le mythe chrétien de la Sainte Trinité relègue la féminité à un rôle d'appoint ; Marie reste une simple mortelle.
Appuyant le pilier du patriarcat : la domination de l'enfant et de la femme, ces mythes trompeurs et névrotisants (au mieux) font vivre l'humanité dans le mensonge, lorsque ce n'est pas dans la piraterie des mutilations sexuelles infantiles. L'enseignement du sexisme à l'enfant au nom de la religion est intolérable. Les autorités des trois religions doivent expurger les catéchismes de ces mythes qui infériorisent et culpabilisent les femmes et les enfants.
Sigismond - oldsigismund@hotmail.com - http://groups.msn.com/circabolition

