Mutilations sexuelles, le point de vue de l'enfant (Les troisième et quatrième sexes) - Sigismond
From Peaceful Beginnings
CE N'EST PAS PARCE QUE VOUS N'AVEZ PAS DE CLITORIS OU DE PREPUCE QUE VOUS N'AVEZ PAS DROIT AU PLAISIR ; LES ENFANTS AUSSI Y ONT DROIT !
MUTILATIONS SEXUELLES, LE POINT DE VUE DE L'ENFANT
Les troisième et quatrième sexes
Médecine, religions, droits de l'homme, psycho-sociologie, histoire, psychanalyse, les sciences humaines contre les mutilations sexuelles infantiles
Sigismond
"Le fil du couteau n'est jamais aussi tranchant que celui du discours." Jean-Thierry Maertens
Les enfants doivent être défendus gratuitement et Sigismond ne souhaite pas toucher de droits d'auteur sur la misère des mutilations sexuelles infantiles. Il encourage vivement la reproduc-tion et diffusion, partielle ou totale de ce travail gracieusement disponible sur : intactwiki.org et groups.msn.com/circabolition. Si vous l'avez apprécié, venez exprimer votre soutien en vous y inscrivant. Ne manquez pas, s'il vous plaît, de signer les pétitions. Commentaires, sug-gestions et critiques sont bienvenus dans un site en perpétuel chantier, depuis des années (old-sigismund@hotmail.com).
"Ami, souviens-toi que l'amour est plus fort que la haine."
Peut être le meilleur de l'existence : les femmes, les fleurs et la musique.
Seule la musique est éternelle.
La non violence est aussi fondamentale que la violence, l'amour, la haine, le beau et le laid.
Mais le pouvoir est au bout de la langue et la douce violence de la parole,
si l'on s'en empare, peut faire taire les armes.
(après Moïse, Jésus, Marx, Freud, Mao, Gandhi, Martin Luther King, Baez,
et beaucoup d'autres)
"Je suis tombé par terre,
"C'est la faute à Voltaire,
"Le nez dans le… divan,
"C'est la faute à… Lacan."
Gavroche-Œdipe (Chant de la Commune)
"Le fascisme, c'est : "Fermes ta gueule ou je te la ferme" ; la démocratie : "Cause toujours. En Amour, on est neutre ; "Tu me causes, je te guéris ; je te parle, tu me soignes."
Il n'y a que des faits ; l'interprétation est celui du prince.
contre Nietzsche, le philosophe du nazisme
Le pervers, hors la loi parce qu'il veut la faire, pousse à la folie.
L'analyste parle toujours à l'enfant.
L'analyste est un objecteur d'inconscience.
L'analyse permet au bourgeois de s'identifier au travailleur.
La grande source de l'autorité, c'est la souffrance.
La critique des larmes succède à celle des armes.
"Pour que plus jamais, dans la cour d'une école, un petit garçon "ne soit traité de baptisé au sécateur ou de chien d'incirconcis." d'après Guy Bedos (cf. Appendice IX, p. 182)
Pour comprendre les mutilations sexuelles infantiles (*), il faut se mettre à la place de l'enfant ; le crime, quel qu'il soit, ne peut être jus-tement apprécié que du côté de la victime. Dans cette approche,
"L'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu'avec le cœur." Saint-Exupéry, Le petit prince
Avertissements : - l'orthographe phantasme est utilisée pour distinguer des fantasmes et rêveries diurnes, - dans les citations, toujours en petites lettres, les italiques ou caractères gras indiquent un souligné par nous, les grandes lettres sont de nous. - sauf exceptions, les citations de la Bible sont empruntées à la traduction du rabbinat français. Paris : Les Éditions Colbo ; 1999.
"… A tous ceux qui se sentent envahis, manipulés, mis en bouteille, en boîte, "Tous ceux qui se sont investis dans le combat contre la plaie, "Tous ceux qui se sont heurtés aux couteaux de l'humiliation ou de la haine."
Pete Hamill. Préface de "On the tracks" de Bob Dylan. New York; 1974.
Aux victimes des mutilations sexuelles infantiles
et à ceux qui ont le courage de s'élever
pour prendre la défense des tout petits, et des plus grands,
lorsqu'ils sont trompés, humiliés et torturés,
dans leur corps, leur esprit et leur vie sexuelle,
par des coutumes primitives ou de prétendues pratiques de propreté insensées,
à Moïse, Jean-Baptiste et Jésus-Christ, ils ont perdu la vie en s'opposant au diktat d'Abraham, diabolique droit, prétendu divin, d'envahir une terre en massacrant ses habitants, en compensation du sacrifice d'un précieux morceau de chair humaine,
à Marilyn Milos et aux autres infirmières qui, s'élevant contre un ordre médical aveugle, ont perdu leur emploi parce qu'elles ont informé des parents du mal que fait la circoncision,
aux membres du mouvement mondial contre les mutilations sexuelles infantiles,
à Lady Diana, s'élevant contre son mari et sa belle-famille, elle a sauvé ses deux bébés d'une abjecte mutilation,
à Nastassja Kinski, elle s'est battue contre son mari pour protéger la chair de son fils,
à Woody Allen, Yvan Attal et Daniel Burman, ils furent les premiers à dénoncer à l'écran la consternante amputation,
à Jean-Jacques Goldman,
il mit le rock'n roll au service de la lutte contre la circoncision,
au Docteur Sigmund Freud, il n'a pas craint de mettre en jeu sa réputation et sa clientèle en dénonçant publiquement la barbarie circonciseuse,
au philosophe Jacques Derrida, à la suite de Freud, il a abandonné la tradition familiale,
au philosophe Michel Onfray, il a dénoncé la mutilation antisexuelle,
aux Docteurs Wilhelm Reich, Bruno Bettelheim, Benjamin Spock et Thomas Szazs, psychanalystes, Francis Crick et George Wald, tous deux prix Nobel de médecine, Jonas Salk, inventeur d'un vaccin antipolio, Jenny Goodman, Frédérick Leboyer, obstétricien, et Gérard Zwang, sexologue, à la psychanalyste Alice Miller, à Betty William, prix Nobel de la paix, ils dénoncèrent la circoncision, tout particulièrement chez les nourrissons,
à Helen Bryce, Norm Cohen, Ronald Goldman, Miriam Pollack, Mark Reiss, Mosche Rothenberg, Victor Schonfeld, Leland Traiman and Thomas Wolfe, ils font tout leur possible pour tirer leurs coreligionnaires de l'erreur,
aux médecins, principalement nord-américains, qui passèrent des heures sur leurs microscopes, surmontant leur dégoût pour disséquer des cadavres et découvrir les trésors inconnus des organes sexuels humains,
aux psychologues qui accueillent les souffrances des victimes de l'atroce criminalité dans laquelle les mères et les pères lèvent le couteau sur leurs propres enfants,
aux militants anonymes qui se battent bec et ongles contre les couteaux, scalpels et ongles qui dépècent et arrachent à vif la chair d'une partie hypersensible du corps de l'enfant,
aux obscurs,
aux combattants de l'ombre,
à ceux qui n'osent pas aborder un pareil sujet,
à ceux qui osent.
REMERCIEMENTS
Je suis reconnaissant à l'Internet, au British journal of urology internatio-nal, à Sami Aldeeb, Dominique Arnaud, Bruno Courcelle, Christopher Cold, Antonio Fischetti, Kristin Enersen Hoye, Nansi Glick, Madeleine Gomez, Maxime Guérin, Gérard Haddad, Kathy Howard, Pierre Jehl, Tim King, Anabelle Lipous, Richard Matteoli, Marilyn Milos, Sophie Percheminier, Patricia Robinett, Elisabeth Roudinesco, John Taylor, Timoté, William Van Lewis, Francette Vigneron, David Wilson, Chantal Zabus et Gérard Zwang pour leurs encouragements, corrections de maladresses, suggestions, informations, améliorations et heureuses reformulations. Je remercie aussi tous les internautes qui, soit par leurs sites personnels, soit à l'occasion de débats souvent animés, m'ont apporté de précieuses informa-tions dans un domaine où la vérité est parfois difficile à discerner de la fable.
L'AUTEUR
Sigismond (Michel Hervé Navoiseau-Bertaux) est né le 5 avril 1947 à Vil-lefranche sur Saône (Beaujolais), démocratie royale depuis le XIVème siècle. Il avait vingt ans en 1968. Il obtint la licence ès Sciences Économiques (71), le di-plôme H.E.C. (72). Il voulait aller travailler dans le tiers-monde. On n'y prend pas les débutants. Il travaille alors dans sa spécialité, la gestion financière. C'est un échec. Il entreprend le stage d'expertise-comptable et réussit le diplôme d'Études comptables supérieures (75). Cela fut épuisant pour sa faible santé. Après une grave dépression, il fait un bref voyage en Ariège pour présenter ses poèmes à l'auteur-compositeur-interprète Morice Bénin, en compagnie des ber-gères et bergers écologistes. Au retour de son arrêt de travail, il est licencié. Ce voyage sera suivi de plusieurs autres et, les cinq années suivantes, il organisera des concerts parisiens pour Morice Bénin, Gilles Hottot, Kirjuhel et Antoine Tomé et part faire la promotion de Morice Bénin à Montréal. Depuis la même "épique époque", il entreprend une interminable analyse et autoanalyse (5 ans avec des praticiens) et se reconvertit à la psychanalyse, à l'université de Paris VIII-Vincennes puis Vincennes à Saint-Denis (mi-76/84) : un semestre en Psy-chologie et Sciences de l'éducation puis 6 ans et demi au département Psychana-lyse, sans devenir praticien. Il se consacre désormais à la recherche en psychana-lyse, sur le cas de l' "Homme-Loup", le phénomène lacanien et la métapsycholo-gie freudienne. Au cours de la première, il découvre que l'écart culturel entre Freud et son patient, et notamment la circoncision du maître viennois, fut une des causes de l'échec relatif de l'analyse. Ceci le conduisit (pas de théorie sans pratique préalable) à se détourner de ses recherches pour lutter contre les mutila-tions sexuelles infantiles, une des principales plaies du monde.
RÉSUMÉ
Les mutilations sexuelles infantiles détruisent irréversiblement les organes spécifiques de l'autosexualité, menacent l'enfant de castration et excluent le groupe de l'humanité, notamment par des signes distinctifs de rappel (kippa, sca-rifications, voile). Nées dans l'atmosphère de tyrannie et jalousie des sociétés polygames dans le but de dominer la jeunesse et de la rendre docile pour la guerre ou l'esclavage domestique, les MSI sont des crimes contre l'humanité qui torturent le corps, traumatisent l'esprit et catalysent la violence. Elles menacent l'autosexualité d'une façon terrifiante, névrotisant (au mieux) l'enfant. Moïse dans le 2ème Commandement, Jésus avec le baptême par l'eau, Ma-homet et Freud furent les précurseurs du mouvement abolitionniste qui éclata au milieu des années 80 dans la classe ouvrière américaine, sous l'impulsion de Ma-rilyn Milos et quelques autres infirmières. Le traumatisme personnel de Freud dû à sa propre circoncision a provo-qué sa distorsion de l'Œdipe de Sophocle et ses théories de la circoncision comme soumission volontaire au père, plutôt qu'au groupe par une torture impo-sée, et comme progrès par rapport à une castration qui aurait été antérieurement pratiquée. La circoncision est en fait une tentative de sujétion par la violence physique et la terreur inconsciente inspirée par la menace implicite de castration. D'où les ravages psychiques de la circoncision et le fossé entre les entiers et les mutilés. Les exemples de Freud et Olievenstein montrent que phantasmes, para-lysie et/ou défauts de la pensée, attribuables au traumatisme, sont susceptibles d'affecter même les plus brillants des sexuellement mutilés. La même chose se produit chez les enfants qui ont subi le décalottage forcé ou d'autres types de menaces de castration. Car il s'agit bien de menace de castration et, indirecte-ment, d'excision ou de mort, comble de violence de méthodes éducationnelles reposant sur les punitions corporelles. Elles appartiennent à un ordre moral ty-rannique et barbare hérité d'un autre âge. Sexologues, pédiatres et urologues refusent de plus en plus fréquemment l'ablation d'organes sexuels indispensables au plaisir. Mis à part quelques rares cas de nécessité médicale, la déontologie comme la loi interdisent ces amputa-tions. Droit, histoire et sociologie rejoignent médecine et psychanalyse pour condamner un crime contre l'humanité non encore pleinement reconnu. Cette œuvre pluridisciplinaire montre que l'abolition des MSI est une tâche prioritaire pour l'humanité.
TABLE DES MATIERES
Avant-propos – EXCISIONS SEXUELLES ET ORDRE MORAL, LE MONDE EN DANGER (conférence prononcée au symposium de NOCIRC à la faculté de droit de l'Université de Keele le 4 septembre 2008) (p. 14)
Philosophie et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles.
Chapitre I – MÉDECINE ET CIRCONCISION, LE PRÉPUCE NON COUPA-BLE ! (p. 21) Un bilan des connaissances médicales. Pour l'anatomie, la sexologie la médecine prophylactique, la psychiatrie et la psychanalyse, la circoncision, sauf rares ex-ceptions, est dangereuse et inutile.
Chapitre II – LA PUNITION ORIGINELLE (Religions et circoncision) (p. 63) Le 2ème Commandement condamne "le crime des pères sur les enfants". Jésus-Christ et Mahomet se sont aussi prononcés contre la circoncision.
Chapitre III – LEUR CORPS, LEUR DROIT (p. 90) Le droit au corps et les droits de l'homme, de l'enfant et du citoyen (les mutila-tions sexuelles infantiles, crime contre l'humanité).
Chapitre IV – L'ORDRE MORAL (Psycho-sociologie des mutilations sexuelles infantiles) (p. 107) Les grandes motivations des mutilations sexuelles infantiles.
Chapitre V – L'IDÉOLOGIE DE LA VIOLENCE (Histoire, anthropologie et circoncision) (p. 123) Les mutilations sexuelles sont une terrible source de violence.
Chapitre VI – "AU COMMENCEMENT ÉTAIT LE VERBE… " (Psychanalyse des mutilations sexuelles, mutilation sexuelle de la psychanalyse)
I – Le cas de Sigmund Freud (p. 134) Il souffrit énormément de sa propre circoncision.
II – Le cas de Claude Olievenstein (p. 142) Un cas de psychose paranoïaque en partie provoqué par la circoncision, presque entièrement auto-analysé (sauf en ce qui concerne la circoncision) par un célèbre psychiatre.
III – Éthique et théorie psychanalytique et mutilations sexuelles infantiles, anti-castration et retour à Sophocle contre anti-Œdipe) (p. 148) – Les mutilations sexuelles infantiles trouvent leur origine dans des phantasmes. – Elles entravent le développement de l'enfant en faussant les conditions du complexe d'Œdipe et la démocratie par une menace implicite de castration des opposants.
CONCLUSION (p. 163) Les derniers sacrifices humains doivent être abolis.
Annexe I – Une circoncision, par Rio Cruz (p. 172)
Annexe II – Les regrets de mères après la circoncision de leur fils (p. 173)
Annexe III – Clitoris et prépuce, par Susan Peer (p. 174)
Annexe VI –Le refus expert (Mutilations sexuelles, le point de vue du médecin) (p. 175)
Appendice I – Pour l'autosexualité (p. 176)
Corollaire I – L'autosexualité du fœtus (p. 185) Corollaire II – Psychanalyse et phimosis
Appendice II – LA CIRCONCISION CONTRE LE SIDA ENTRE ILLUSION ET APARTHEID (p. 187)
Appendice III – Pour l'abolition des dogmes religieux discriminatoires (p. 196)
Annexe V – Violence et circoncision : génocides, guerres, peine de mort, torture et excision dans les pays circonciseurs et non-circonciseurs (p. 197)
Appendice IV – Terrorisme et circoncision – Le 11 septembre et la circoncision (p. 202)
Appendice VI – Jacques Lacan et la circoncision (p. 205)
Appendice VII – Rapport sexuel et circoncision (p. 207)
Annexe V – Lettres ouvertes aux autorités (p. 208)
Annexe VI – La naissance de la tragédie, une parodie de Darwin, Freud et Lacan (p. 227) Appendice VII – Critique du film "Le fils d'Élias", de Daniel Burman (p. 229) Il prend position contre la circoncision.
Appendice VIII – Hauts de forme contre melons, rouges contre gris (p. 230)
Appendice IX– Poèmes contre les mutilations sexuelles infantiles (p. 232)
Bibliographie – Quelques livres contre les mutilations sexuelles infantiles (p. 235)
tagtexte (p. 236)
Mots-clé
Mutilations sexuelles infantiles, autosexualité, violence, plaisir, menace d'exclu-sion, de perte de l'amour, de castration et de mort, phantasmes, retour à Sopho-cle.
Avant-propos
CIRCONCISIONS ET ORDRE MORAL,
LE MONDE EN DANGER
(philosophie et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles)
"Ce n'est pas la peine de dire "Que les enfants nous ressemblent, "Qu'ils ont les mêmes cicatrices, "Et qu'ils naissent avec la violence. "Ca nous arrange bien de dire ça, "Ca nous aide à les éduquer, "A notre image, à notre image."
"Ce postulat : parents, savoir, pouvoir, "Et cette dictature sournoise "Qui les éloigne de leur beauté initiale… " Morice Bénin
Définition des mutilations sexuelles infantiles (*)
La préservation du clitoris et du prépuce se fonde sur six faits qui illus-trent leur caractère essentiel à la vie. Ces faits définissent les MSI : éducation par la violence, les mutilations sexuelles infantiles castrent les enfants des organes spécifiques de l'autosexualité, en traumatisant profondément, et le plus souvent inconsciemment, la personne humaine. Rituels d'appropria-tion de l'individu par le groupe, elles prétendent soumettre les enfants et augmenter leur "valeur" sociétale (et quelquefois marchande) en détour-nant la sexualité du plaisir vers la reproduction, surtout pour les femmes. Cette prétendue supériorité vise à discriminer étrangers et opposants.
Premier fait : infantile. Le concept de MSI n'est pas encore très répandu mais il permet seul de faire face à la réalité que la mutilation sexuelle est prati-quée par les adultes sur les enfants. Cependant, historiquement, les féministes occidentales, qui ont été à l'avant-garde du combat, ont ignoré et ignorent encore les mutilations infantiles pour ne parler que des féminines. S'appropriant la lutte, elles en font une joute entre adultes des deux sexes et accusent les défenseurs des enfants d' "amalgamer excision et circoncision". Mais on n'a pas le droit d'amalgamer la violence contre les adultes et la violence contre les enfants. La guerre des sexes est une guerre d' "adultes ignorant l'enfant en eux-mêmes" (Maud Mannoni) mais la guerre des générations, c'est la guerre aux enfants.
Deuxième fait : la prise de possession de l’enfant par le groupe par l'impo-sition de la loi du plus fort. Le sacrifice humain d’une partie du corps est symbo-lique de l'appropriation de l'individu par le groupe mais il n'est pas seulement symbolique ; il joue sur un puissant mécanisme psychologique d'asservissement de la personne. En effet, pour l'inconscient et pour la pensée fétichiste, infantile ou primitive, la partie vaut pour le tout (cf. les abus du vaudou qui, après l’abolition de la circoncision par les esclavagistes, "possède" ses victimes au moyen d’une mèche de cheveux coupée, jusqu’à les forcer à la prostitution). Cet abus de pouvoir trouve des prétextes dans un illusoire savoir adulte et une inac-ceptable possessivité : "Je sais, donc j'ai le droit de disposer de ton corps."
Troisième fait : la mutilation physique. Pour les entiers (80% de la popu-lation mondiale) qui tirent plaisir de ces organes, la jouissance particulière qu'ils procurent, éventuellement extrême, est indiscutable, aussi bien pour l'homme que pour la femme. De récentes découvertes anatomiques apportent un fonde-ment indéniable à cette affirmation empirique. Celle de Taylor, en 1996, con-cerne la fonction d'exquise mécanique érogène de l'anneau de l'extrémité du pré-puce. Depuis cette date, il est scientifiquement démontré que l'amputation de l'organe féminin masculin est une véritable mutilation sexuelle ; le prépuce n'a pas seulement une fonction de protection de l'érogénéité du gland mais aussi celle de zone hautement érogène. Cette découverte n'a pas reçu le prix Nobel de médecine et reste ignorée, bien qu'elle ait été expérimentalement confirmée par l'enquête de sensibilité de Sorrells. Enfin, la troisième fonction sexuelle du pré-puce, celle de coussinet mobile réducteur de friction dans le coït, a aussi été mise en lumière. Elle explique pourquoi les africaines aux partenaires sexuelle-ment mutilés sont plus touchées par le SIDA. Plusieurs enquêtes statistiques ont montré que le statut de circoncision est sans influence significative sur la trans-mission des MST, sauf, à moyen terme, le SIDA. Cependant, devant la circonci-sion de masse mise en avant pour le combattre, on doit rappeler que l'éthique élémentaire interdit la mutilation pour motif prophylactique, tout particulière-ment celle des enfants. Personne n'a le droit de pratiquer la circoncision sans motif médical avéré et sérieux, sur les enfants comme sur les adultes.
Quatrième fait : le traumatisme. Mis en lumière par Freud, les traumatis-mes portant sur la sexualité infantile sont au fondement de la découverte de l'in-conscient et donc une cause profonde de maladie mentale. Portant atteinte à l'image du corps, la castration des organes spécifiques de l'autosexualité a de fortes répercussions émotionnelles et provoque un grave traumatisme, le plus souvent inconscient. L'autosexualité, la toute première sexualité, la plus simple, la plus innocente et naturelle, est gravement culpabilisée, consciemment ou non. Les MSI menacent les garçons de castration totale mais même dans les cultures non circonciseuses, les petites filles souffrent, inconsciemment mais bien davan-tage que les garçons, de la menace associée à la circoncision. Car devant la peti-tesse du clitoris, une crainte de castration est improbable. Restent la menace de mort et le lourd fardeau de culpabilité associé. Lorsque des esprits malades an-nihilent (excision) ou amoindrissent (circoncision) sauvagement l'existence d'un pur plaisir personnel, l'enfant tombe malade et recherchera le plaisir dans les perversions, sadiques et/ou masochistes, telles qu'en faire autant à ses propres enfants, ou les addictions. Dans de nombreux cas, la maladie mentale est une ré-action pathologique à la perversion de l'éthique parentale.
Cinquième fait : sexuelles. Les MS ne sont pas "génitales" ; elles portent sur les organes spécifiques des préludes ou de l'autosexualité. Il ne s'agit pas d'empêcher la reproduction mais de diminuer ou supprimer le plaisir. Chez le garçon, cette émasculation est limitée au plaisir féminin, préputial. Mais chez la fille, la mutilation du plaisir masculin, clitoridien, entraîne souvent celle du plai-sir féminin, vaginal, et la mutilation du plaisir est totale ; la femme est fré-quemment rendue frigide.
Sixième fait : la discrimination. Les MSI sont effectuées pour isoler l'eth-nie par un racisme artificiel, supposé garantir une supériorité morale. Elles sont aussi une mesure d'asservissement par exclusion des opposants.
Voilà pourquoi nous nous élevons contre les appellations sexistes dressant un genre contre l'autre au lieu de les rassembler pour la défense des tout petits. Les mutilations sexuelles sont irréversibles. Elles frappent plus particulièrement trois catégories de la population : les enfants, les célibataires et les veufs. Tant que prévaudra le discours féministo-masculiniste ignorant la sexualité infantile, les MSI ne pourront pas être éradiquées.
L'agent des MSI : l'ordre moral
Le philosophe juif Maïmonide, le premier, au XIIème siècle, a attribué à un ordre moral la responsabilité de la mutilation sexuelle. Nous nous élevons contre cet ordre sociétal et religieux, faussement moral, qui tente de dominer et instru-mentaliser l'enfant au nom de la "pédagogie noire" ("Tais-toi, c'est pour ton bien !"), par des punitions corporelles terroristes réprimant l'autosexualité : marquage possessoire, mutilation et torture. Sous couvert de folklore et de rites identitaires ou de passage à un âge soi-disant adulte, elles ont pour unique but d'obtenir la soumission et la prétendue pureté morale et physique de l'enfant, par une vio-lence et une menace qui le traumatisent. Étant relativement mineurs, ces crimes contre l'humanité (les enfants) sont pardonnables dans la mesure où ils reposent sur une coutume antique et héréditaire mais à condition de cesser. Ces coutumes barbares ne sont pas réservées à l'islam, au judaïsme et à nombre de tribus primitives mais existaient aussi en Asie où les chinois ma-riaient plus facilement leurs filles au moyen de la torture du bandage des pieds et où les balinais coupaient à ras les incisives des jeunes gens de façon, probable-ment, au moins à l'origine, à éviter le risque de morsure pendant les abus sexuels. La circoncision a aussi envahi les pays Anglo-Saxons au 19ème siècle pour ne reculer qu'au 20ème, et se généralise en Corée du Sud. Ces barbaries sont accompagnées par la répression verbale. Cette dernière opère une mutilation mentale, seule présente dans le reste de l'humanité. Cette MS au sens large asservit semblablement l'individu au puritanisme hypocrite. Sans peut-être être irréversible, la mutilation des esprits par la parole, pauli-nienne, chrétienne, occidentale et puritaine, est presqu'aussi redoutable que les excisions physiques. Elle a le même but de rendre l'individu docile en le trauma-tisant par une véritable mise sous terreur inconsciente fondée sur le décret stu-pide qui, sans même l'avouer, fait de l'autosexualité le péché originel. Elle est fé-roce et dangereuse parce qu'elle est un mensonge à la fois parental et sociétal, difficile à extirper des consciences. Les dommages provoqués par la répression mentale sont aussi incalculables que ceux de la répression physique. Contre ces violences, des études transculturelles de l'anthropologie améri-caine (cf. James Prescott, violence.de) ont, avec une corrélation statistique abso-lue, étendu à des populations entières les observations cliniques de la psychana-lyse; elles affirment que la violence est inhibée par le plaisir et réciproquement, et qu'elle est conséquence de la carence de tendresse dans l'enfance et de l'inter-diction de la sexualité prémaritale. Les découvertes de la psychanalyse, c'est-à-dire d'une part la sexualité infantile et l'inconscient freudiens, d'autre part l'ac-cent mis par Alice Miller sur le traumatisme infantile (alice-miller.com) vont dans le même sens : la violence dans l'éducation, plutôt que les soins tendres, a un résultat catastrophique : elle génère la violence, la dépression ou les addic-tions (névrose, psychose et perversion). La biologie, l'anatomie et la neuro-anatomie, la médecine prophylactique, la psychiatrie, la sexologie, l'éthique, le droit, la sociologie, l'ethnologie, l'his-toire des cultures et des religions, et la psychanalyse, les sciences humaines sont unanimes à prendre la défense d'organes parfois prétendus superflus mais en vé-rité détruits parce qu'ils sont les organes spécifiques d'une pratique taboue : l'au-tosexualité.
Les MSI : comble de la répression de la sexualité infantile
Voici plus d'un siècle, Freud se faisait déjà le défenseur de la sexualité in-fantile, incluant le voyeurisme et l'exhibitionnisme naturels. En vérifiant son existence (manusexualité et auto-fellation) jusque dans la matrice, l'échographie prénatale lui apporte aujourd'hui un puissant soutien. Cependant, l'autosexualité est toujours réprimée d'une façon ou d'une autre. Imaginez en effet un être qui a librement pratiqué l'autosexualité dans le ventre de sa mère. Cet être, c'est vous. Supposez maintenant qu'à la sortie de cet Éden, un jour où vous êtes tranquillement dans votre bain, on vous fasse soudai-nement les gros yeux en vous disant sévèrement : "Pourquoi est-ce que c'est comme ça ? Tu y as touché ?" Ou alors, vous vous apercevez qu'insidieusement, hypocritement, tout le monde autour de vous non seulement condamne la nudité mais encore déprécie votre acte d'amour de vous-même en le désignant par des termes péjoratifs et réprobateurs. La racine (manus stupratio) du plus courant, désigne le trouble – ainsi dans per-turbation – et la turpitude. "Autosexualité" doit remplacer le terme odieux, inventé par des célibataires religieux, culpabili-sés et prétendument chastes mais se révélant parfois pédophiles, qui doit être rayé du vocabulaire. La lutte contre les violences et crimes sexuels, dont les MSI, passe obligatoirement par là. La répression de la sexualité dite – bien à la légère – infantile résulte de ce tabou universel. Les enfants ou les jeunes gens perçoivent affectivement la ré-pression de la sexualité comme une menace de mort par perte de l'amour et donc par abandon. Mettant le plaisir hors la loi, contrairement à la loi naturelle, une telle menace ne peut que s'opposer à l'heureuse résolution du complexe d'Œdipe qui implique l'adhésion à la loi. Aussi est-elle susceptible de bloquer l'enfant ou l'adolescent dans son développement. Les perversions – notamment la pédophi-lie, sœur jumelle de l'homophilie – et le viol sont la conséquence directe, aggra-vée par le tapage sexuel des médias, de l'hypocrite réprobation publique de ce que chacun pratique allègrement en privé. Seuls les séducteurs, les violeurs, les pédophiles et les homophiles se masturbent, dans leurs victimes, leur accordant le même mépris que celui qu'ils ont subi dans leur sexualité d'enfants. Ils n'au-ront plus ce besoin lorsque l'autosexualité sera universellement reconnue. Comble de cette répression (*), les MSI génèrent une violence particuliè-rement élevée. Elles n'accueillent pas l'enfant ou l'adolescent dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais l'enrôlent dans des bandes guerrières par une initiation militaire barbare. Sur les dix génocides des temps modernes, un seul n'a pas impliqué de sexuellement mutilés d'un côté ou de l'au-tre. Les guerres sont trois à quatre fois plus fréquentes dans les pays circonci-seurs, la peine de mort y est deux fois plus répandue et ils sont les seuls à exciser les filles. En Norvège, 60% des viols sont commis par 2% de la population qui sont circoncis. Les MSI sont le terreau du sexisme, de la paranoïa, du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d'état. La discrimination par les MSI
1) L'atteinte au respect de la personne et de l'espèce humaine Les signes physiques distinctifs portent atteinte à la dignité humaine d'une façon typique de l'ordre moral : une violation de l'intimité. Marquer le corps en fait un placard publicitaire et Moïse et Mahomet ont interdit les tatouages parce qu'il ne doit pas être traité comme une marchandise. Baisser les culottes des en-fants pour les mutiler les humilie. Ensuite les marquages physiques s'attaquent à l'espèce humaine. Fonder une identité collective sur une atteinte à l'identité de l'espèce n'est pas seulement dégradant, c'est aussi discriminatoire puisque cela conduit à se croire une supé-riorité illusoire, voire à s'en targuer. Aucun peuple ne saurait se tailler au cou-teau sur le corps de ses enfants une identité purement formelle sans offenser le reste de l'humanité.
2) Une double exclusion : discrimination de l'individu et isolement du peuple Le proverbe africain : "Un incirconcis n'est pas un homme !" implique que l'absence de mutilation entraîne le rejet par l'ethnie. Cet accessoire systématique des mutilations sexuelles révèle leur signification profonde de mesure d'exclu-sion, de barrière au mariage hors du groupe en dissuadant les enfants de se mêler à ceux des groupes voisins, un des principaux soucis des racistes. De plus, destinées à séparer le groupe des autres, les MS sont un acte sec-taire, parfois commis au prétexte de la religion et censé apporter une supériorité morale, voire même sexuelle. Mais l'exclusion appelle la haine. De grands pen-seurs (Spinoza, Freud) ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Les MS sont encouragées par les régimes tyranniques qui s'en servent aussi bien d'initiation pour leurs troupes que de signe de distinc-tion tribale. Elles ont le plus souvent un caractère sexiste. Prenant pour alibi les festivités du folklore, cette incitation à la discrimination est imposée par des éli-tes militaires et religieuses au comportement adolescent. Le signe communau-taire est toujours un appel au nationalisme et un signe de guerre. Tatouages, voi-les, burkas, scarifications, clitoris et prépuces coupés, dents cassées, lèvres vul-vaires étirées, obésité forcée, pieds bandés, peine de mort, aux armes, et cete-ra…, l'escalade des très ethniques techniques de manipulation des esprits par la mutilation des corps – le grand instrument de la guerre des générations et des sexes, canalise les besoins humains au service des intérêts des classes dominan-tes. Elle tente de détourner la sexualité du plaisir au profit de la reproduction. Les mutilations sexuelles sont à la fois antisexuelles et antidémocratiques. Plus fascistes que le fascisme, elles sont insupportables aux fascistes ; ce n'est pas une raison pour que les démocrates les tolèrent.
Conclusion
"Tout est toujours à recommencer." Raoul Dugay
Tout se passe comme si certaines sociétés, devant l'absence de signe bio-logique de passage à l'âge adulte, en fabriquaient de toutes pièces, pour s'en tar-guer. Ces sociétés semblent ignorer que l'homme n'est qu'un enfant qui prend de l'âge et que celui qui est incapable de régresser est incapable de progresser et s'enferme dans l'obscurantisme. Les mutilations sexuelles ne sont pas racistes ; c'est du racisme artificiel, plus raciste que le racisme. Elles sont l'instrument d'une tyrannie particulièrement efficace. Fondée sur une perversion de l'éthique détournée en moralité moralisante, elles prétendent donner des leçons au peuple pour le seul profit de la cruauté des puissants qui l'exploitent. Elles créent de la névrose au sein du peuple pour donner une base sociale à la névrose des domi-nants. L'abolition de ce crime contre l'humanité n'est qu'une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité des jeunes et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps et au respect de son intégrité physi-que, sentimentale et mentale.
Version française, révisée et sans coupures faute de temps, d'une conférence prononcée le 4 septembre 2008 à l'Université de Keele (R.-U.), lors du 10ème symposium international orga-nisé par NOCIRC, NORM-UK et la Faculté de droit de l'Université de Keele.
Chapitre I
MÉDECINE ET CIRCONCISION, LE PRÉPUCE, NON COUPABLE !
INTRODUCTION
"Je ne donnerai pas de remède mortel." Serment d'Hippocrate (400 av. J.-C.)
Le grand principe médical est de ne pas nuire ("Primum non nocere.") mais la prestation de serment du médecin va plus loin :
"Je respecterai toutes les personnes...J'interviendrai pour les protéger "si... elles sont menacées dans leur intégrité... "
Au début du 20ème siècle, un jeune chercheur en neurologie autrichien (biologiste limité comme nous allons le voir), à l'occasion sexologue, découvre la sexualité infantile et l'équivalence psychiatrique entre le sein, le cadeau et le pénis. Cinquante ans plus tard, au Royaume-Uni, Gairdner souligne l'absence du prépuce dans les manuels de médecine :
"Quoique des dizaines de milliers de nouveau-nés soient circoncis chaque année dans "ce pays, les informations essentielles ne sont rassemblées nulle part."
Vingt cinq ans plus tard aux États-Unis, Wald signale la même lacune :
"Il est curieux – et révélateur – de voir combien peu de personnes pensent à la circon-"cision… A un moment, en écrivant cet essai, j'ai parcouru les étagères de la biblio-"thèque de notre laboratoire de biologie, les livres sur les sens, la neurophysiologie et "la neuroanatomie, dont certains étaient des manuels de médecine. Je cherchais quelle "information nouvelle il pourrait y avoir sur les réactions sensorielles du gland et du "prépuce. Aucun de ces termes ne figurait dans l'index d'aucun des ces livres."
Le prix Nobel de médecine 1967 aurait pu faire le même constat pour le clitoris. Cependant, il ne viendrait à l'idée d'aucun médecin Européen de couper un prépuce sans consentement préalable des intéressés. En insistant, aujourd'hui seulement il faut le regretter, sur cette exigence, les sociétés médicales Anglo-Saxonnes rappellent que la circoncision est une mutilation.
I – DES INCONVÉNIENTS CERTAINS
A – LES DOMMAGES PHYSIOLOGIQUES :
la perte de la triple fonction sexuelle du prépuce,
les risques et la douleur opératoires
Introduction : la circoncision est une mutilation
Les diamants sont éternels.
La mutilation est l'ablation d'un organe non autoreproductible. Celles (et ceux) qui, faute de posséder un prépuce, n'ont aucune expertise en la matière, sont mal placé(e)s pour affirmer péremptoirement la traditionnelle fadaise : "La circoncision n'est pas une mutilation", ou serait une "blessure symbolique", se-lon un titre de Bruno Bettelheim. N'ayant jamais caressé un prépuce, ils n'ont pas le droit d'affirmer que ce ne serait qu' "un bout de peau inutile". Mais celles qui aiment s'attarder aux préludes amoureux, si elles ont l'occasion de comparer, se rendent vite compte de l'étendue de la perte du non-entier, de la pauvreté de ses sensations. Cependant, les homophiles sont encore mieux placés que nos compagnes pour apprécier à leur juste valeur tous les détails des sensations mas-culines. Grands experts et praticiens de la jouissance féminine chez l'homme, ils sont les meilleurs témoins de la perte due à la circoncision. Pour eux, elle saute aux yeux de façon indéniable ; dès qu'un sexuellement mutilé entre dans un groupe homophile, son handicap est évident.
1 – Les dommages érogènes :
la destruction des fonctions érogène et de protection du gland
Introduction : la jouissance préputiale, une jouissance féminine, tendre et douce
Il en est des plaisirs du sexe comme de ceux de la table. Celui qui a la langue coupée peut jouir de la déglutition, il ne peut goûter ce qu'il mange. De même, celui qui n'a pas de prépuce perd une grande part du plaisir sexuel. Le prépuce a autant de terminaisons nerveuses que la langue mais ce sont surtout des nerfs de toucher fin, faits pour la caresse érotique, différents de ceux du gland, strictement érogènes. Allongez-vous seulement sur le dos, messieurs, et laissez une femme vous faire l'amour à la califourchon, technique dans laquelle le plaisir des yeux n'est pas le moindre. Pour peu qu'elle ait un minimum d'expertise, vous constaterez qu'elle ne le fait pas comme vous ; pas de mouvements rythmiques, pressés de parvenir à la satisfaction. C'est une caresse lente, de vitesse variable, tout en douceur et en recherche des sensations intenses, fines et délicates de la jouis-sance féminine. Ce "Tease me, don't squeeze me" peut durer des heures. Cer-tains affirment que ce plaisir, dans lequel la femme "domine", était celui de Lilith et Adam tandis que la jouissance des non-intacts serait celle d'Adam et Ève. Cette jouissance est bien évidemment interdite aux circoncis, elle l'est aussi aux entiers qui font l'amour à la va vite. Essayez maintenant de vous faire l'amour à vous-même de la même façon, en caressant lentement à sec votre prépuce sans décalotter, et vous vous procure-rez la vive et soyeuse jouissance purement préputiale. Ses contractions orgasti-ques, isolées mais intenses, ne conduisent pas à l'orgasme. Elles semblent au contraire entraîner la fermeture d'un sphincter empêchant et contrôlant l'éjacula-tion. Elles sont d'autant plus nombreuses et suaves que la caresse est plus légère et lente. C'est la jouissance des préludes, délicate et raffinée, indéfiniment pro-longeable, d'acuité variable et dont le siège se déplace subtilement et de façon imprévisible, du périnée à la pointe de la verge en passant par les bourses. L'ex-citation peut atteindre des niveaux extrêmes pour décroître ensuite mais il sem-ble que le meilleur réside précisément dans des variations fines qui permettent à chaque fois une nouvelle découverte. N'exagérons rien ; si l'on dit préputial plu-tôt que préputiel, c'est parce que le ciel est dans l'autre sexe. Mais ces gentils plaisirs sont inconnus des non-entiers, voire de certains entiers. Les trois types de circoncision masculine, par l'étendue de la surface de peau enlevée et donc par la perte d'un grand nombre de terminaisons nerveuses érogènes et de toucher fin, rendent bien compte de l'existence de cette jouissance féminine. La circoncision abrahamique n'enlève que l' "excroissance" : l'anneau de l'extrémité du prépuce, la rabbinique détruit l'intégralité du prépuce jusqu'au sillon balano-préputial², la tribale (rare) détruit toute la peau du pénis, des testi-cules et des bourses. "On ne mange pas les bananes avec la peau !" déclare iro-niquement le Professeur Aldeeb aux avocats de la circoncision. Examinons maintenant les bases physiologiques de cette jouissance.
a) La perte d'un organe érogène majeur : la découverte anatomique de Tay-lor (1996) et la confirmation expérimentale de Sorrells (2007)
1° La perte quantitative
L'amputation du prépuce est irréversible ; elle détruit environ 90-120 cm2 de peau et muqueuse : 2 fois (face externe et face interne) 4,5-5 cm de longueur sur 10-12 cm de diamètre. Or le prépuce contient 116 terminaisons nerveuses par cm2 . La perte est donc de 10 à 14 000 terminaisons nerveuses. Mais Bazett 3 n'a pas mentionné certains types de terminaisons nerveuses pré-sents dans le prépuce et ces chiffres sont sous-estimés. Cette sensibilité est cons-tituée à la fois d'une grande richesse en récepteurs sensoriels de toucher fin 3, et de récepteurs érogènes. Cette alliance confère au prépuce d'exquises capacités de stimulation.
"(Le prépuce) contient une plus riche variété et une plus grande concentration de "ré-cepteurs nerveux spécialisés que n'importe quelle autre partie du pénis."
Le seul organe du toucher à posséder une innervation érogène aussi riche que celle du prépuce est le clitoris. La circoncision prive l'homme des 2/3 de la zone érogène principale constituée par le prépuce et le gland.
2° La perte qualitative, perte de la fonction érogène
– Gland versus prépuce, sensibilités comparées Le gland n'a qu'une sensibilité limitée, sélective. Il est pratiquement insen-sible au toucher fin (cette remarque suppose un gland sec puisque celui des in-tacts, dans son état naturel humide, ne supporte pas le toucher non lubrifié) mais il est sensible à la pression profonde. Selon Sir Henry Head , la sensibilité de sa muqueuse – aussi riche que celle de la cornée en terminaisons nerveuses libres – est, "en l'absence des facultés les plus discriminatoires" (p. 557), une sensibilité primaire, grossière, une sensibilité "du tout ou rien" (p. 649). Le seuil de sensibilité au toucher fin d'un gland humide est égal à son seuil de sensibilité à la douleur. Le gland est hypersensible à la douleur et à la température mais seulement à par-tir de seuils élevés. Selon l'illustre neurologue, sa sensibilité est "affective plutôt que discriminatoire" (p. 650). C'est une sensibilité d'avertissement (plaisir/douleur, acceptation/rejet), ne requérant pas l'intervention du système nerveux "épicriti-que", permettant les choix. On ne peut exposer à n'importe quel stimulus un gland normalement constitué. Sa sensibilité grossière, similaire à celle de la cor-née, est un signal d'alarme naturel pour l'organisme. Le fait est que les deux or-ganes sont traditionnellement considérés comme les plus précieux du corps mas-culin. L'étude expérimentale de Sorrells & al. sur la sensibilité pénienne au toucher fin confirme les travaux de Head sur la grande insensibilité du gland. Ils révèlent aussi une certaine sensibilité au toucher fin de la couronne du gland (partie traditionnellement considérée comme la plus érogène). La circoncision réduit de 20% cette sensibilité de la couronne. Ils montrent ensuite que chez les intacts, l'orifice de l'anneau– cf. la découverte de Taylor ci-dessous – est la zone de plus forte sensibilité au toucher fin. De plus cette sensibilité est du double de celle de la zone la plus sensible du pénis circoncis (cicatrice). Ils apportent ainsi la preuve expérimentale que la sensibilité au toucher fin du prépuce (rien n'a encore pu être démontré sur la sensitivité érogène) en fait l'or-gane privilégié de la caresse sexuelle, tout particulièrement de la caresse à sec. D'une part la circoncision ampute la partie la plus sensible du pénis, d'autre part les seuils de réponse à la pression de toucher fin des sexuellement mutilés sont, pour le peu qui leur reste de peau pénienne, égaux (pour la seule zone cica-tricielle) ou plus élevés que ceux des intacts, qui sont donc plus sensibles. La synergie entre érogénéité et sensitivité au toucher fin fait du prépuce un organe sexuel irremplaçable. De plus, le prépuce est érogène à sec, sans irritation. C'est une surface spécifiquement érogène (par frottement et étirement, sans besoin de lubrifica-tion), complémentaire du gland qui requiert une lubrification. Ces caractéristi-ques confirment que le prépuce est fait pour la caresse à sec et le gland pour le massage profond, soit lubrifié soit par l'intermédiaire du prépuce. Le prépuce excite, le gland satisfait.
– Le mécanisme du prépuce : une paupière en forme de manchon
"Le prépuce peut normalement être rabattu tout du long, ou presque tout du long, jus-"qu'à la base du pénis, et aussi par devant au delà du gland. Cette grande étendue de "mouvement est le mécanisme par lequel le pénis et les déclencheurs orgasmiques du "prépuce, du frein et du gland sont stimulés." 5
Le prépuce joue le rôle d'une paupière en forme de manchon mais, puis-qu'il ne glisse pas, il n'est ni l'une ni l'autre. C'est en réalité un store à double feuille, s'enroulant et se déroulant sur le gland par un mécanisme unique dans la nature. Dans l'autosexualité (*), le prépuce, en se déroulant et s'étirant en longueur et en largeur, fait étroitement l'amour au gland, pour le plus grand plaisir de chacun de deux organes mais sans coulisse ni frottement et donc sans besoin de lubrification, dans un contact à la fois tendu et suave. Épousant étroitement le gland, le prépuce (et son anneau) s'élargit et se referme sur ses deux extrémités. En fin de course, il devient un simple bas coulissant sur la hampe. Des alternances de tension et détente produisent sur ses cellules éro-gènes une stimulation intime et efficace. Mais il nous manquait la sensibilité et le talent d'observation d'une femme et mère pour couronner nos efforts dans la description de cet organe. Comparant le prépuce avec à la fois le capuchon du clitoris et les petites lèvres, Peer nous apporte un remarquable relevé des symétries entre le prépuce et l'appareil sexuel féminin (cf. Annexe III).
– La perte de l'anneau érogène et élastique, véritable accordéon d'amour L'anneau de l'extrémité du prépuce est la couronne de la couronne du gland. Sa grande valeur érogène semble connue depuis longtemps et les Grecs l'appelaient "posthias" : ce qui vient après, après le gland. Or l'anneau est la par-tie même qui est affectée par le phimosis, dont il est très probable que souffrait Abraham (l'injonction divine est très précisément de couper l' "excroissance"). Il faut rappeler ici que le phimosis peut être provoqué par la sénescence ou par une inflammation herpétique. Ainsi, il est vraisemblable qu'Abraham, heureux d'avoir retrouvé l'usage de son sexe (il a pu avoir des enfants après l'opération) a ordonné la circoncision générale dans un souci de prévention, parce qu'il n'était pas conscient de la nécessité éthique qui interdit de telles amputations. Le prépuce contient le frein et la "bande striée" découverte par Taylor , un pionnier de l'histologie sexuelle. Composé d'anneaux (stries) visibles après rétraction, l'anneau est doté d'une grande innervation érogène (corpuscules de Meissner). Un an après cette découverte de l'anneau de l'extrémité du prépuce, Fleiss donne une description précise du fonctionnement de cette partie de l'organe :
"Cette structure exquisément sensible consiste en bandes concentriques étroitement "plissées, comme les élastiques du haut d'une chaussette. Ces plis extensibles per-"mettent aux lèvres du prépuce de s'ouvrir et de rouler en arrière, découvrant le gland. "La muqueuse striée donne au prépuce son aspect effilé caractéristique." 5
L'anneau est composé de cellules de chair tout particulièrement étirable, entrelacées avec une profusion de divers types de terminaisons nerveuses érogè-nes. Jouant, par son élastique rétrécissement terminal, le rôle des cordons d'une bourse, il épouse étroitement le gland :
"(Le prépuce)… contient la feuille musculaire péripénienne, une couche musculaire "lisse avec des fibres longitudinales. Ces fibres musculaires en tourbillon forment "une sorte de sphincter." 5
Achevons cette description par l'image de l'accordéon qui décrit à mer-veille le fonctionnement du prépuce rétracté. Ses possibilités d'étirement à la fois latéral et longitudinal en font un extraordinaire accordéon d'amour à géométrie variable. A la sollicitation, le prépuce et gland se massent tout d'abord récipro-quement, étroitement et intimement. Après rétraction totale, le prépuce masse de surcroît le fourreau. Dans cet usage, il peut fonctionner à distance du gland mais en tirant dessus, pour déclencher l'orgasme. Muni de son anneau, le prépuce est l'organe spécifique de l'autosexualité. C'est la richesse de cet instrument, irrémédiablement détruit par la prépucec-tomie, qui est visée par les religions et coutumes puritaines et oppressives de la jeunesse qui prônent l'opération pour entraver l'autosexualité. Ces religions et coutumes érigent un véritable mur "du silence" autour des mutilations sexuel-les infantiles. La découverte de Taylor n'a jamais été médiatisée. En dépit de l'intérêt majeur pour l'humanité de la découverte d'un organe sexuel jusqu'ici ignoré, il n'a pas reçu le prix Nobel. Foldès non plus pour ses découvertes sur le clitoris et son opération de reconstruction de cet organe. L'autosexualité n'est pas nobélisable.
b) La perte de la fonction de paupière du gland
Qui a dit : “My kingdom for a skin !”? – Le gland. (foreskin désigne en anglais le prépuce)
"Le prépuce protège le gland tout au long de l'existence."
Moitié peau, moitié muqueuse, le prépuce n'est pas une simple peau mais un fourreau protecteur, très richement vascularisée, comportant une musculation et des glandes lubrifiantes, antimicrobiennes et antivirales . Débordant le gland chez l'enfant et souvent chez l'adulte, il le maintient humide et protège sa déli-cate muqueuse interne, tout particulièrement pendant la période des langes . Le créateur a pensé à tout ; le prépuce ne devient rétractile que parfois très tard dans l'adolescence 1, . Forcer les choses serait nocif. L'ablation détruit donc la paupière du principal organe érogène mas-culin. La fine, lisse et soyeuse muqueuse du gland n'est plus protégée du frot-tement des vêtements, source d'irritation permanente à l'opposé du confort natu-rel de l'indispensable fourreau, élastique et chaud. Ce n'est d'ailleurs pas une simple peau mais une véritable chair incluant un muscle périphérique : le dartos. Alors que le gland est hypersensible au froid 5, le prépuce le protège des engelu-res (pays nordiques, haute montagne). L'hypersensible muqueuse du gland devient une peau 10 fois plus épaisse , sèche, mate. Une étude a montré que la sensibilité pénienne des entiers est de 25 à 30% plus élevée que celle des non-intacts. L'amour est prévu par la nature muqueuse contre muqueuse (certains y voient une promesse d'échanges subtils) et non peau contre mu-queuse : ce n'est pas un exercice de gymnastique ou de massage mais une dé-monstration de tendresse.
Première conséquence : les mutilés ont besoin de stimulations fortes. Ils ont plus fréquemment recours aux pratiques sexuelles marginales : sexualité anale ou orale, homophilie 13, 16, , , . Avec leur sensibilité réduite et leur épaississement épithélial, ils apprécient tout particulièrement la fellation ; le "ré-veil berbère" leur apporte les sensations en profondeur qui les émeuvent. La deuxième conséquence de cette absence de protection, l'impuissance progressive – à divers degrés – est insidieuse ; elle ne se révèle qu'à très long terme. Les cas en sont beaucoup plus fréquents chez les sexuellement mutilés 16, 18, , , . Ils sont ainsi nombreux aux États-Unis : 52% des 1 290 sujets pris au hasard d'une étude, âgés de 40 à 70 ans 21. Le succès du Viagra aux États-Unis, son échec relatif en Europe, n'ont pas d'autre explication. Nous pouvons prédire qu'il se vendra bien auprès des Africains et des musulmans aisés. Troisième conséquence : la restauration du prépuce est devenue populaire aux États-Unis et le mouvement gagne l'Europe. Des sportifs juifs l'ont inventée dans l'antiquité ; comme ils étaient un peu plus nus que les autres aux jeux olympiques, ils subissaient les lazzis de la foule. Ils imaginèrent de recouvrir leur gland en étirant ce qui leur restait de prépuce. Mais ceci valut aux nouveau-nés juifs une torture supplémentaire non prescrite par Abraham : la peri'ah (voir chapitre V). Elle découpe l'ensemble du prépuce externe et interne jusqu'à la base du gland, avec arrachement de la muqueuse interne, étroitement collée au gland à cet âge. D'une atrocement cruauté, l'opération semble avoir découragé les jeunes juifs de la restauration mais elle a été remise à la mode par les améri-cains contemporains qui subissent la peri'ah comme eux. Évidemment, la re-pousse dure plus longtemps avec la peri'ah (de trois ans à six ans) mais les per-sévérants sont largement récompensés par la récupération de la sensibilité de leur gland. Le succès de la restauration démontre à la fois l'inanité d'une torture gratuite et la nocivité sexuelle de la circoncision. L'étendue de la coupure pose la question de la détermination du purita-nisme circonciseur. En effet, certaines tribus Africaines et Sud-Arabiques arra-chent la peau du pénis jusqu'au scrotum. Nos bourreaux, et victimes, font là preuve d'une étrange parcimonie ; pourquoi diable n'arrachent-ils pas toute la peau du corps ?
c) La fonction autosexuelle unique du prépuce
On ne saurait vraiment prendre la défense du prépuce sans risquer de paraître un histrion aux yeux des esprits puritains. Mais la manusexualité du pré-puce par la délicieuse technique dite de "la prière" est la démonstration in-contournable de sa formidable efficacité érogène. La coulisse circulaire des deux mains jointes et frottées l'une contre l'autre sur le gland calotté, dans un mouve-ment latéral plutôt que longitudinal, est la technique la plus rapide pour parvenir à l'orgasme : moins de deux minutes. Une féministe brésilienne nous en a un jour donné l'agréable démonstration et la recette est certainement transposable à la vulve. L'ablation du prépuce détruit d'ailleurs le frein. Ce petit centimètre carré est la zone la plus érogène de l'homme, un véritable point d'acupuncture digitale érotique.
d) Le mécanisme de l'orgasme
Il en est de l'amour comme de la haine (paranoïa) : c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase (concernant la jouissance masculine, la métaphore est bien choisie). De même, on arrive au sommet de l'amour par le même chemin que pour les crises de folie, par une accumulation de stimulations. L'orgasme se pro-duit lorsque la quantité et la qualité de l'excitation est suffisante. Le grand pro-blème est d'obtenir cette quantité et cette qualité pour les deux partenaires. Pour résoudre cette épineuse question, il est utile d'observer que l'amour hétérosexuel ressemblerait à l'amour autosexuel dans lequel le prépuce fait l'amour au gland et non l'inverse. Cela nous amène à la conclusion que la meilleure qualité d'exci-tation est obtenue lorsque la femme est active, plutôt que l'homme. Encore un mythe qui s'écroule !
Conclusion : une définition du prépuce
Comme des pétales autour de la cerise du gland, le prépuce est la couver-ture protectrice de sa fragile muqueuse. Sa réponse sexuelle en fait l'organe pri-vilégié de la caresse manuelle. Cette double fonctionnalité nous permet de don-ner une définition du prépuce absente des manuels : le prépuce est, au repos l'or-gane protecteur du gland et, en action, le prolongement du gland. Pour tous ceux qui jouissent de l'extrême sensibilité de la peau et de la muqueuse préputiales dans leur état naturel, dépouiller l'enfant et l'homme de cet indispensable organe est un acte aussi inhumain que stupide et obscène.
2 – Les dommages sexologiques :
la destruction de la fonction hétérosexuelle du prépuce
Les arguments sexologiques ont été controversés. Maïmonide écrit :
"Que la circoncision affaiblit la concupiscence et diminue quelquefois la volupté, c'est "une chose dont on ne peut douter."
De fait, les sexuellement mutilés ont, sur le continent outre-Atlantique dé-cidément en avance sur l'Europe, une médiocre réputation sexuelle. Elle est in-verse en Europe et dans les pays pratiquant traditionnellement la circoncision ; dans un tel domaine les rumeurs abondent. Mais les exégètes de la Bible étaient des sexologues confirmés ; ils affirmaient déjà que les intacts (pour peu qu'ils aient un minimum d'expertise ou qu'ils "laissent les rênes" à ces dames) sont de meilleurs amants:
"La femme qui s'est livrée à l'amour avec un incirconcis peut difficilement se séparer "de lui."
Séphora a ainsi préféré Moïse aux non-intacts de sa propre tribu (Exode, 2 : 21).
Trois études récentes, menées sur des échantillons malheureusement non tirés au hasard, confirment ces observations empiriques. Les deux premières portent l'une sur 139 femmes, l'autre sur 35 femmes, ayant eu des rapports avec des intacts et des non-intacts, la troisième concerne des hommes mariés avec la même épouse pendant plus de cinquante ans. Les intacts satisfont davan-tage leurs partenaires qui relèvent chez eux moins de conclusions prématurées de l'acte, ils leur apportent davantage d'orgasmes et moins d'irritation. Goldman suggère que les non-entiers divorcent davantage . Les deux premières études expliquent que le prépuce limite les frotte-ments irritant le vagin, pour trois raisons. Tout d'abord, les entiers recherchent les sensations fines procurées par l'exquise sensibilité érogène et tactile du pré-puce – celle du gland étant purement érogène – par des mouvements d'amplitude modérée dans un acte moins gymnastique, plus lent, doux et tendre. Ensuite, leur prépuce coulisse sur la hampe si bien que les frictions contre le vagin sont rédui-tes, principalement limitées au gland. Enfin, par sa mobilité et ses replis, le pré-puce joue un rôle semblable à celui des segments du piston d'un moteur, permet-tant d'éviter l'évacuation des sécrétions lubrifiantes. La plus grande sensibilité des intacts est donc contrebalancée par une meilleure lubrification, ce qui est particulièrement apprécié par nos compagnes âgées. A l'inverse les non-entiers, pour compenser leur perte de sensibilité, ont besoin d'une grande amplitude de mouvement induisant certes, un massage pro-fond du gland mais aussi des frottements intenses. De plus, la couronne de leur gland évacue peu à peu les sécrétions et le vagin s'irrite. La pratique du "dry sex" a justement été inventée pour raccourcir la durée des laborieux efforts des circoncis pour parvenir à l'orgasme, au prix d'irriter le vagin. Mais en consé-quence, comme confirmé par le rapport 2004 d'ONUSIDA qui révèle la conta-mination de 13 femmes pour 10 hommes en Afrique (*), la circoncision aggrave la transmissibilité du SIDA (**) aux femmes. Une étude récente , menée sur deux années, confirme la chose en révélant que le risque de contracter l'épidémie est de 58% plus élevé pour les femmes de sexuellement mutilés. L'intégrité préputiale offre un deuxième avantage lors du coït : un prépuce non rétracté, se déroulant graduellement, facilite l'intromission , , . C'est jusqu'au plaisir de la miction qui est appauvri par l'absence du pré-puce ; qu'un homme intact essaye d'uriner décalotté, il ressentira immédiatement un des effets quotidiens de la circoncision : la perte d'une jouissance élémen-taire. La manusexualité sans prépuce, c'est comme un jour sans soleil, un film en noir et blanc plutôt qu'en couleur. Pour aller jusqu'au bout de la métaphore de Jacques Lacan (cf. Appendice VI), le prépuce n'est pas seulement le fourreau qui préserve le poli de l'épée, il est aussi la garde nécessaire à son bon usage. L'amour est une journée ensoleillée avec feu d'artifice le soir ; sans le prépuce, le feu d'artifice est tiré mais le soleil est voilé, pour les deux partenaires.
Ceux qui ont été mutilés dans l'enfance se plaignent rarement ; ils ne sa-vent pas ce qu'ils ont perdu. Ainsi la circoncision musulmane est traitreusement pratiquée soit pendant la période de latence où l'enfant a perdu le souvenir de la sexualité infantile, soit à un âge où l'autosexualité est pratiquée à la va vite. Elle traumatise moins que la circoncision dans la petite enfance mais choisit le mo-ment où l'enfant n'a pas encore pleinement découvert les joies de l'autosexualité ; lorsqu'il le fera, il sera incapable d'imaginer qu'il puisse y avoir mieux. Par contre nombre d'adultes, pour la plupart circoncis soit avant leur mariage soit pour raison médicale, regrettent amèrement la perte de sensibilité et de plaisir 18, . Bien qu'ils soient les seuls qualifiés pour témoigner en pleine connaissance de cause des dommages provoqués par la circoncision, ils restent silencieux. Ce si-lence se dissipe peu à peu ; les langues se délient dans le cabinet du médecin. Les enquêtes de Pang et de Fink 18, en montrant que la circoncision – pourtant pour motifs médicaux – fait de 13 à 38% (*) d'insatisfaits, renversent le mythe créé par des millénaires de déni, de vantardise et de rumeurs (**). Celles de Boyle 34, Gemmell , Hammond , Kim , Schen et Solinis apportent des résultats similaires ; même en cas de nécessité, la circoncision n'améliore pas automati-quement la vie sexuelle (deux fois plus d'échecs que de succès dans l'étude de Solinis) mais crée souvent une perte de sensitivité, une diminution du plaisir au-tosexuel et peut provoquer troubles de l'érection, douleur ou impuissance. La compilation de ces enquêtes donne 1/3 d'indifférents, 1/3 de satisfaits, 1/3 de mécontents . A l'évidence et comme prescrit par la déontologie, un médecin ne peut circoncire sans raison médicale grave. Rappelons que l'impuissance ne peut s'apprécier que dans le long terme, ce qui est exclu dans ces études. Seule l'enquête de Laumann 19 apporte des résultats légèrement contraires mais ses en-quêteurs n'étaient pas médecins.
La circoncision n'est plus reconnue comme moyen de lutte contre l'éjacu-lation précoce. Le phimosis (*) est rare et régresse souvent spontanément : de 9% de cas à 6-7 ans à 2% à 16-17 ans 15. Une étude menée sur 603 japonais a montré que 16% des 8-10 ans avaient l'anneau étroit contre 8% seulement à 11-15 ans. La même étude a montré que la rétractilité n'est totale que dans 63% des cas à 11-15 ans. Sinon, dans la majorité des cas, les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou corticostéroïdes , la kinésithérapie et, en dernier recours, la plastie chirur-gicale (triple incision) permettent d'éviter la perte de la précieuse paupière. Nombre de phimotiques font d'ailleurs l'amour avec leur phimosis. Une étude menée en 2003 au Royaume-Uni sur les moins de quinze ans a révélé un taux de circoncision de 0,2% .
3 – Les dommages opératoires
a) Un risque non négligeable d'accidents parfois générateurs de conséquen-ces à long-terme
L'opération dégénère parfois en boucherie aux conséquences définitives. Mais seules les complications majeures sont rapportées 16, , , lorsqu'elles le sont. Parmi les nombreux accidents qui surviennent, il faut tout d'abord citer la mort (un minimum de 1 pour 500 000 aux États-Unis , ). En réalité, la fré-quence des décès par circoncision des bébés aux USA est inconnue, dissimulée derrière des causes secondaires : hémorragies, infections… Cette fréquence est attestée par l'existence d'une loi juive qui exempte de circoncision le troisième garçon lorsque ses deux aînés en sont décédés. En Afrique du Sud, les "campa-gnes" de circoncisions forcées des fanatiques font chaque année des dizaines de décès et quantités d'infirmités et blessures graves. Un nouveau-né africain est mort étouffé par ses propres vomissements or le vomissement est une réaction fréquente pendant l'opération. Complications opératoires : excès de peau enlevée provoquant, dans les meilleurs des cas, inconfort, voire douleur dans l'érection et déformation pé-nienne ; insuffisance de peau enlevée conduisant à une seconde opération, am-putation partielle du gland par blessure involontaire. Complications postopératoires : hémorragies ("considérables dans 15% des cas" , il est parfois nécessaire de suturer les vaisseaux sanguins ou d'opérer une transfusion) et infections sont les plus courantes mais on rencontre aussi : adhérences, phimosis en cas d'insuffisance de peau enlevée, rétention urinaire, fistules, ulcères et/ou sténoses du méat urinaire, énurésie associée, nécroses du gland ou du pénis, kystes, carcinomes, etc. Une conséquence fort gênante de la circoncision est la fragilité de la cica-trice susceptible de s'irriter pendant les rapports. Au total le taux de complications relevé est consternant selon les uns : de 2 à 10% , modéré (0,6%) selon une étude portant sur 4 000 sujets . D'autres , crédibles puisque leur échantillon inclut 354 000 nouveau-nés, relèvent un taux de complications de la circoncision hospitalière très faible (0,22%) mais 22 fois plus élevé qu'en l'absence de circoncision (0,01%). Mais les victimes ne viennent pas toujours se plaindre à l'hôpital et ce dernier chiffre est sous-estimé. Un accident de circoncision, lorsqu'il ne tue pas, peut ruiner toute une vie sexuelle.
b) Une douleur atroce (cf. Annexe I)
Les observateurs rapportent que la douleur provoquée par la circoncision est extrême et persistante. Elle est pire pour les enfants, plus sensibles que les adultes . Le premier mois, la cicatrisation d'une muqueuse à vif est très pénible, notamment lors des inévitables érections. Chez les bébés (pays anglo-saxons, Juifs), l'opération est le plus souvent pratiquée sans anesthésie . Cette dernière n'est efficace que si elle est générale (déconseillée pour les nouveau-nés). Cependant, après une première coupure longitudinale, il faut arracher par écorchement la muqueuse du prépuce de celle du gland : dans 95% des cas, elles ne sont pas encore séparées. On taille entre avec un instrument tranchant (ou avec l'ongle spécialement aiguisé du mohel). Cette horrible torture, d'une inimaginable cruauté, est comparable à l'arrachage des ongles. Plus précisément, il faut imaginer qu'on vous enfonce un scalpel sous l'ongle pour le décoller du doigt en coupant d'avant en arrière et de gauche à droite… Ensuite, une coupure circulaire est opérée. Il a été observé que seuls les bébés en état de choc du fait des préparatifs ne pleurent pas. Les autres hur-lent, avant de s'évanouir 16. Une étude a relevé une multiplication par 2,5 du taux de cortisol sanguin (marqueur de la douleur) vingt minutes après l'opération et par 2,6 quarante minutes après. De tels chiffres, joints à celui de l'accélération du rythme cardiaque à 180 pulsations par minute, ne se retrouvent que chez les victimes de torture . Pendant des jours après l'opération, chaque pipi est une nouvelle torture qui réveille l'enfant. Le rituel israélite interdit l'anesthésie : l'enfant doit souffrir. Dans quel-ques communautés, les mohels pratiquent encore la succion du sang de l'hémor-ragie à même le sexe tout déchiré et lacéré et crachent un peu de vin rouge sur l'enfant en dépit d'infections parfois mortelles . Vu l'état du sexe de l'enfant, il ne s'agit pas précisément d'une caresse buccale mais d'une odieuse torture sup-plémentaire.
Conclusion : la circoncision atteint la fonction sexuelle
Quand on aime les bonnes choses, on ne jette pas le meilleur à la poubelle.
Seuls celles et ceux qui sont dépourvus de clitoris ou de prépuce peuvent ignorer leur merveilleuse valeur érogène. Quant à celles et ceux qui souhaite-raient la perdre, il faut s'inquiéter de leur santé mentale. Cependant, en matière de tabou, même le médecin, n'est pas à l'abri de l'ignorance, nous l'avons vu dans l'introduction. Et ce même s'il est psychanalyste ; ainsi, Freud lui-même, quoique inventeur et premier défenseur de la sexualité infantile (et du prépuce par la même occasion), ne savait pas ce que c'est qu'un prépuce :
"En effet, l'homme n'a qu'une seule zone sexuelle prédominante, un organe sexuel, "tandis que la femme en possède deux : le vagin – proprement féminin – et le clitoris, "analogue au membre masculin." d'après ,
Comme Wald, il avait l'excuse d'être juif mais, comme le montre une des chan-sons favorites des étudiants en médecine français qui pose Hercule en héros de partager cette même ignorance :
"Jamais sa main ne lui servit de con." ,
la culture n'a rien à voir à l'affaire.
Présent depuis des millions d'années chez tous les mammifères sauf la chauve-souris, le prépuce témoigne d'une évolution achevée qui incite à douter qu'il s'agirait d'un organe superflu. Ceux qui pensent pouvoir faire durer le plai-sir en supprimant une agréable zone érogène ne savent probablement pas con-clure au bon moment. La sexologie enseigne des méthodes moins dévastatrices pour parvenir à un meilleur résultat. Car maintenant que la science a révélé toute la complexité et la richesse de l'organe sexuel masculin, le caractère mutilateur de la circoncision apparaît pleinement ; elle détruit les trois fonctions du prépuce : érogène, protectrice et coïtale. Le prépuce n'est pas une zone érogène secondaire mais bien une compo-sante essentielle de la sexualité masculine et le plaisir du sexuellement mutilé, appauvri lorsqu'il n'est pas troublé, est de moindre qualité que celui de l'entier. Irréversible, la circoncision est une mutilation au plein sens du terme. Confirmée par l'étude expérimentale de Sorrells, la découverte de Taylor que le prépuce est une zone érogène majeure, opère un véritable décentrement dans notre vision de la sexualité masculine. Le phallus perd son privilège d'or-gane unique au bénéfice de l'enveloppe du gland qui acquiert le statut d'organe sexuel associé. Organe masculin de l'autosexualité et des préludes de l'amour, exactement comme le clitoris est celui de la manusexualité féminine, le prépuce est l'équivalent érogène et fonctionnel du clitoris (moins l'érectilité). Clitoris et prépuce rappellent à chaque sexe d'une part que les femmes sont issues d'hom-mes et les hommes de femmes, d'autre part qu'en matière de phallus, la dissymé-trie réside dans la taille et la forme mais certes pas dans la fonction.
"Les parties génitales femelles sont anatomiquement homologues à celles de l'hom-"me : clitoris, capuchon du clitoris, lèvres et ovaires correspondent à pénis, prépuce, "scrotum et testicules."
Si l'anatomie et la sexologie confirment le savoir antique des cultures afri-caines, elles tirent la conclusion opposée. Puisque le prépuce, mini-vagin organe de l'autosexualité masculine, est la partie féminine de l'homme et que le clitoris, mini-pénis organe de l'autosexualité féminine, est le phallus féminin, alors ils doivent être préservés et valorisés. S'il n'y a pas absolue symétrie entre excision et circoncision puisque le symétrique de l'excision serait la castration du gland, il y a équivalence partielle de perte fonctionnelle. C'est pourtant au nom d'une équivalence que l'excision est opérée sans égard à ses redoutables conséquences. Mais, là où la circoncision diminue simplement la jouissance, l'excision substi-tue au plaisir douleur et frigidité. Mais pour le médecin, l'autosexualité est une sexualité à part entière, saine et vitale. De plus, sa base biologique étant pour chaque sexe un ersatz de l'autre, sa pratique est une préparation à l'hétérosexuali-té. Mis à part les ignorants, personne ne songe à exciser le clitoris, personne ne doit non plus mutiler l'homme, et a fortiori l'enfant, du précieux instrument pré-putial. Deux fois deux font quatre. La bisexualité humaine se traduit par une va-riété de sexes : le vagin, le pénis, le clitoris… Le quatrième sexe : le prépuce, mérite pleine reconnaissance, sa castration est criminelle.
B – LES DOMMAGES PSYCHIQUES
un traumatisme majeur mais le plus souvent inconscient
"Quelle est cette drôle de chose au bout du pénis ? "- L'homme."
Bien que son message soit toujours peu entendu, Freud, au tout début du XXème siècle, a apporté à l'humanité une grande découverte des sciences humai-nes : la répression de la sexualité infantile est la première cause de la maladie mentale. Le refoulement mental génère l'inconscient – redécouvert après Sopho-cle mais cette fois-ci de façon scientifique – c'est-à-dire la folie ordinaire, aux multiples formes. Les mutilations sexuelles infantiles sont la forme physique la plus brutale de cette répression dont les diverses conséquences ont été largement commentées par la psychanalyse et la psychiatrie. La principale, exploitée par certains des grands de ce monde qui ont malheureusement entraîné à leur suite bien des peuples, est l'hyperexcitabilité de la victime. Cela provoque une grande aptitude à être manipulé et donc à être réduit en esclavage, le but ultime. Mais c'est là le b a : ba de la psychanalyse. En effet, si le crime mineur de la circoncision passe inaperçu, ses consé-quences psychologiques sont redoutables. S'il est commis consciemment par l'élite, il est agi inconsciemment par la grande masse. Cependant, les victimes des mutilations sexuelles rendent leurs enfants victimes de leur propre mutila-tion. Scandalisant inconsciemment toute la planète par une criminalité contre l'enfant, elles l'affichent ensuite par des signes distinctifs symboliques de l'infir-mité délibérément provoquée : kippa, scarifications, voile. Ces signes sont des provocations typiques. La psychanalyse les interprète comme des signaux de profonde détresse, d'appel au secours.
Coupure prématurée du cordon ombilical et développement du cerveau : psychologie ou neurologie ?
"Ma théorie est que le meilleur moyen pour changer le monde est de changer les pro-cédures de la naissance."
Les "bébés-Leboyer" sont particulièrement paisibles. Gais et pleins d'al-lant, ils sourient dès leur premier jour, ce qui était rare auparavant. Une enquête a révélé que 90 à 100% d'entre eux deviennent ambidextres . Leboyer a annon-cé sa publication, il ne l'a jamais faite et semble confier au bouche à oreille les recommandations de son livre : coupure du cordon après l'arrêt des pulsations (sauf difficulté cardiaque), jamais de séparation entre la mère et l'enfant, ex-trême douceur, caresses à satiété, des heures de contact peau à peau, bain, lumiè-res tamisées, etc. D'autres observations révélèrent des QI significativement plus élevés et une grande facilité dans l'acquisition des langues étrangères 1. A la suite de Leboyer, Karen Strange, sage-femme spécialiste de la réanimation des nouveau-nés, apporte un fleuve au bien-fondé des techniques millénaires rappor-tées du pays de Gandhi par le yogi gynécologue ; elle donne des conférences mais ne publie pas. Elle a observé que, juste avant la naissance, la mère délivre à l'enfant un bol de sang qui s'emmagasine dans le placenta. Ce viatique n'est pas seulement fortement chargé en fer (*) ; l'augmentation de pression sanguine per-met au cœur de commencer à emplir les alvéoles pulmonaires, les préparant à leur tâche prochaine. Il est ainsi démontré que la nature a tout prévu et que l'in-gérence de l'homme dans ses plans manque de pertinence. En tout cas, naître dans la douceur a des répercussions psychologiques positives à long-terme et, si tout se passe bien, le seul traumatisme de la naissance est celui de la coupure prématurée. On ne détruit pas un organe en plein fonctionnement sans traumati-ser durablement le cerveau. Il faut ajouter à ce plaidoyer que, puisque le bébé est immunisé contre la flore maternelle, le faire strictement cohabiter avec la mère le protège contre les infections par remontée urétrale , le grand prétexte des américains partisans de la circoncision. Mais quel est le mécanisme du trauma-tisme qui interdit l'ambidextrie ? Faisant de la latéralisation une conséquence du développement normal du cerveau, l'explication de Janov 2 par la neurologie du cerveau nous paraît tauto-logique. Tout au contraire, l'existence des ambidextres prouve que la latéralisa-tion est une conséquence pathologique, non une cause. Les ambidextres sont normaux, droitiers et gauchers ne le sont pas. Car la coupure prématurée provo-que la soumission (ou l'opposition) à la norme adulte. Absurde, cette soumission ou opposition n'est pas le fait de la confiance mais de l'aveuglement provoqué par la terreur inconsciente résultant de l'arrêt brutal de l'alimentation placentaire avant son extinction naturelle, graduelle et paisible. La nature a prévu, pour un temps, un double système d'approvisionnement en oxygène et nourriture ; tant que le cordon bat, le placenta permet une adaptation progressive, une transition en douceur entre les deux systèmes. La coupure par le fer ne prive pas seulement l’enfant du fer naturel ; intervenant avant terme, elle interfère brutalement dans la gestion de son corps par le bébé. Provoquant une angoisse atroce, elle est res-sentie comme une agression cruelle. Intimement terrorisé, à vie, par les adultes incluant la mère, l'enfant se conformera bêtement à la norme. Premier trauma-tisme, la coupure prématurée crée la névrose universelle, son conformisme et son cortège d'inhibitions. Le placenta est la propriété du bébé, seule la nature a le droit de l'en séparer. Consciemment ou non, il s'agit de la part des assistants à la naissance (in-firmières, sages-femmes, gynécologues), d'appropriation individuelle ou collec-tive du bébé dans une pédophilie compulsive. Tous les prétextes sont bons pour avoir le bébé à soi un moment : "Et maintenant, à la pesée !" mais la balance est ailleurs, ou encore, la mère a un rhume et l'enfant doit absolument être mis dans la nursery, au risque d'infections nosocomiales... Le mécanisme de cette appro-priation est celui de la pensée fétichiste, infantile ou primitive, qui, selon la dé-couverte de la psychanalyse, assimile la partie au tout. Il est exploité par les ma-nipulateurs vaudous ou circonciseurs ; pour asservir leurs crédules victimes et les forcer à la prostitution, le vaudou leur vole une mèche de cheveux, devenant ainsi leur maître. Leboyer s'oppose à ce comportement tyrannique. Son message peut être ainsi résumé : "Laissez le bébé, son placenta et la maman tranquilles." Leboyer a aussi condamné l'excision et la circoncision . Ce qui est vrai pour le cordon le sera a fortiori pour les organes autosexuels, très riches en ter-minaisons nerveuses érogènes et tactiles. Beaucoup plus invasives puisque des-tructrices, les excisions féminine et masculine provoquent un traumatisme beau-coup plus grave. La même cause, la violence, produit le même effet : une sou-mission profonde : la répétition du crime absurde. Provoqué par la coupure pré-maturée du cordon ombilical, le symptôme de la latéralisation apporte une illus-tration limpide de la théorie freudienne de la circoncision comme technique de soumission. La similitude du processus psychologique à l'œuvre dans la coupure prématurée du cordon ombilical et la circoncision fait ressortir que les coupures sociétales de routine sur les jeunes générations, rituelles ou médicales, ont pour conséquence et but de séparer l'enfant de la mère et de le rendre soumis à une société despotique. Pour la coupure du cordon en tout cas, aucun psychologue ne peut prétendre qu'il s'agirait d'une soumission au père, affirmation dans laquelle Freud amalgamait le cas des nouveau-nés juifs et celui des adolescents d'autres cultures. Les violences sur les enfants sont la grande source des maladies mentales individuelles ou collectives. Corrélant les techniques d'accouchement aux con-duites adultes : "les procédures obstétriques devraient être soigneusement éva-luées et si possible modifiées pour prévenir d'éventuels comportements suicidai-res.", l'enquête de Jacobsen conforte la découverte de Leboyer. Les exemples de Galilée, Copernic, Freud… etc., ont montré qu'on ne refait pas facilement le monde. Comme les religions, la médecine est un univers de dogmes, d'orgueil, préjugés et chapelles aux mains de mandarins tout puissants. Elle a mis un demi-siècle pour accepter la découverte de Semmelweiss (l'hygiène). Il en est de même de celle de Leboyer ; il n'a pas eu le prix Nobel.
Le masque
Robinett, excisée dans son enfance aux États-Unis dans les années 1950, décrit , photos à l'appui, l'effet de cuirasse caractérielle (cf. Wilhelm Reich) provoqué par la mutilation sexuelle. Rosemary Romberg-Weiner, auteure de "Circumcision, the painful dilemma", fait la même remarque pour ses fils cir-concis, en dépit de leur l'accouchement par la technique Leboyer. Pour le même phénomène, les africaines en révolte contre l'excision parlent de masque. Ce dernier est-il une arme de guerre semblable au bouclier, pour se protéger et ef-frayer l'adversaire ou est-ce une simple expression de la souffrance ? Dans des sociétés guerrières, les mutilations sexuelles infantiles préparent l'individu à la guerre, en le traumatisant.
Le trauma
Le traumatisme psychique généré par les mutilations sexuelles infantiles est d'une extrême gravité. Ces violences extravagantes sont une lamentable forme d'accueil dans la communauté humaine, d'autant plus effarante que, comme révélé par l'échographie prénatale, le fœtus pratique couramment l'auto-sexualité, jusqu'à l'auto fellation. Il est aberrant qu'au sortir de la matrice, l'indi-vidu subisse une répression par la torture de cette activité sexuelle naturelle. Bien que la cause profonde de la culpabilité demeure inconsciente, la répression est hautement culpabilisante et génératrice d'angoisse de castration. Rien ne prouve la réalité du fantasme d'Otto Rank d'un traumatisme de la naissance. Seul celui de la coupure du cordon ombilical et patent. La circonci-sion le répète gratuitement. Pour le nouveau-né traité comme pur objet, c'est une expérience de violence, douleur, terreur, abandon et impuissance, poussés au plus haut degré 22. Ce trauma 21, 22, 23, , , , la perte corporelle et l'implicite me-nace de castration , , particulièrement sévère puisqu'il y a castration par-tielle, sont susceptibles de déstabiliser l'individu, à long terme. Cette menace est particulièrement affirmée dans les sociétés où la castration de l'organe érectile de la femme menace, indirectement mais fortement, celui de l'homme. La psy-chanalyste Alice Miller écrit :
"… (la) pratique rituelle de circoncision… inflige à l'enfant un traumatisme suscep-"tible de compromettre l'équilibre de tout son être."
L'intensité de ce traumatisme est directement proportionnelle au fait que les mutilations sexuelles infantiles ont pour résultat de séparer l'enfant de la mère, de la façon la plus antinaturelle, brutale et dramatique qu'on puisse imagi-ner. Le nouvellement converti, circoncis à l'âge adulte, sera moins traumatisé parce qu'il n'a pas subi l'expérience de la séparation par la double torture, la phy-sique bien sûr, mais surtout la mentale, celle de la trahison maternelle, de l'arra-chement de ses bras pour être torturé. Car la mère a collaboré au crime, soit ac-tivement, soit par complicité tacite. Au lieu de se faire sous l'effet de la nécessité naturelle, la séparation est effectuée par l'atrocité d'un acte impliquant la sou-mission par la terreur et la violence. La séparation prématurée opérée par les mutilations sexuelles infantiles est une véritable catastrophe affective, créant un traumatisme majeur. La soumission est le principal résultat psychologique de la sinistre mise en scène. Les sociétés circonciseuses seront difficilement démocra-tiques. Cette motivation fondamentale explique la loi juive qui veut que le Juif soit de mère juive. Seule la mère juive, pour l'avoir vécue elle-même, est suscep-tible de retransmettre à sa progéniture, dans toute son ampleur, la répression in-duite par l'expérience bouleversante de la menace de castration ou de mort qu'elle a elle-même vécue lors de la circoncision de ses frères ou des garçons de son entourage. Car l'expérience du spectacle de la torture est aussi terrifiante et traumatisante que la torture elle-même. Les enfants des femmes qui n'ont pas el-les-mêmes connu ce traumatisme ne peuvent être juifs parce qu'ils n'ont pas subi la terrible répression exercée par la mère juive (cf. la scène de répression de l'au-tosexualité dans le film "Esther Kahn"). La mère étant le premier objet d'amour, c'est la répression par la mère qui est la plus traumatisante. Le fait est identique dans les autres cultures circonciseuses. Il faut souligner ici que les mutilations sexuelles sont la toute première étape vers l'esclavage. En effet, en interdisant les mutilations sexuelles à leurs esclaves, les esclavagistes américains, peu au fait de cette nécessité et seulement soucieux de bénéfices à court-terme, ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Libérés d'elles, ces derniers devinrent capables de se révolter, ce qui arrivé plusieurs fois aux Antilles.
-Psychanalyse et circoncision
Médecine de l'âme, la psychanalyse ne peut être ignorée par la psychiatrie sur le sujet de la circoncision. Freud fut en effet le premier à décrire les méfaits des menaces de castration, dont la circoncision. Du côté des agents, les mutilations sexuelles infantiles sont un symptôme de culpabilité névrotique dans lequel un dérèglement du surmoi (provoqué par la mutilation de l'agent lui-même) retourne en son contraire le sentiment naturel d'amour de la sexualité, pour l'interdire à l'enfant et la punir. Ce sentiment in-conscient (puissamment refoulé) de haine gratuite, phantasmatique et compul-sive, soigneusement dissimulée derrière "le bien de l'enfant", est nuisible et mor-tifère. Les mutilations sexuelles infantiles sont une expression singulièrement prégnante de la pulsion de mort, mettant en acte un phantasme d'accouchement viril (privation d'une enveloppe supposée appartenir aux pères). Qu'il s'agisse d'une pulsion d'emprise perverse ou de maîtrise obsessionnelle, nous sommes en présence d'une compulsion de répétition sadique, criminelle (mutilation en sé-rie), d'autant plus puissante que collective. Le circonsadisme (circonphilie) est une perversion particulièrement lâche puisqu'elle frappe l'innocence dont elle semble jalouser l'existence même. Nous sommes en présence d'une conséquence criminelle du refoulement de l'autosexualité, lui-même issu de la répression commise sur le pervers par ses propres parents. Il s'agit de perversion collective héritée. Du côté des victimes, les symptômes reposent sur les puissants processus inconscients provoqués par la menace de castration : refoulement, compulsion de répétition, déni, projection, non admission d'un symbole, caractéristiques de la névrose, de la perversion et de la psychose.
"La paranoïa est le processus de la connaissance." Jacques Lacan
"Le premier qui vit un chameau "S'enfuit à cet objet nouveau. "Le deuxième approcha, "Le troisième osa faire "un licol pour le dromadaire." La Fontaine
"… et tu t'inventes des ennemis..."
Morice Benin
La psychose paranoïaque est ainsi le principal trait de caractère potentiel du circoncis dans l'enfance. Comment pourrait-il en être autrement puisque la circoncision est une pratique d'exclusion ? Par exemple, lu à la lumière de la cir-concision, le chapitre autoanalytique de "L'homme parano" est la plus extraor-dinaire mise en accusation du rituel tribal jamais écrite par un psychiatre non in-tact (cf. chapitre VI). Olievenstein attribue le déclenchement du délire paranoïa-que à un phénomène de sommation d'événements malheureux : "C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase." 80, p. 87-88. Ce mécanisme ressemble trait pour trait celui du déclenchement de l'orgasme, dans lequel un petit rien de stimulation supplémentaire provoque l'acmé de la jouissance. Autrement dit, c'est le refou-lement de la sexualité qui est responsable de la maladie. Freud a-t-il jamais énoncé autre chose ? Mais Olievenstein n'incrimine pas la circoncision alors que la mutilation sexuelle est, bien évidemment, le pire de ces évènements. Comme Freud, il est incapable de comprendre que la répression de l'autosexualité est la véritable source de la paranoïa. A l'instar d'Alice Miller et de son école, il re-pousse même l'explication psychanalytique par le refoulement de la pulsion homophile – elle-même conséquence de la répression de l'autosexualité et très certainement renforcée par la circoncision. Et il ne voit pas que l'étiologie trau-matique et celle de l'absence de résolution du complexe d'Œdipe sont intime-ment liées. Ce sont précisément les traumatismes et les mauvais traitements pré-coces qui ruinent les conditions nécessaires à la bonne résolution du complexe d'Œdipe et, au lieu de permettre la formation d'un surmoi capable de maîtriser les pulsions pathogènes et de condamner leur passage à l'acte, favorisent le re-foulement inconscient rendant le sujet incapable de résister à une accumulation de revers. Olievenstein refuse précisément l'idée, qu'il attribue à la psychanalyse, de différences identificatoires "innées", alors que la circoncision est traditionnel-lement considérée comme une de ces différences constitutives d'une prétendue identité, pratiquement "innée" puisque transmise de génération en génération. Bel exemple de déni totalement inconscient.
L'aliénation totale
Dans les sociétés civilisées qui abandonnent progressivement toute forme de châtiment corporel, l'aliénation de l'individu à la société est purement men-tale. Dans les civilisations qui ont toujours recours aux châtiments corporels : la peine de mort par exemple pour les adultes et, pour les enfants, la punition du "péché originel" par la circoncision, les claques, etc., l'aliénation de l'individu à la société est totale, physique et mentale. Dans les deux cas, l'individu est convaincu de la culpabilité du "péché originel", c'est-à-dire la culpabilité portant sur le plaisir et l'usage du sexe en gé-néral. Cependant, on constate chez les mutilés avec la complicité de leurs pa-rents, un déni massif de la réalité de la perte subie, lié à une détresse émotion-nelle rendant extrêmement difficile la nécessaire remise en cause de la norme "sociale". Un magnifique exemple de ce déni m'a été donné par un jeune ami non-entier, lecteur de ce chapitre. Ce brillant garçon, en train de présenter sa candidature à Harvard, après avoir lu ma précédente version du passage concer-nant la surface de peau perdue par la circoncision, ainsi rédigée : "90-120 cm2 de peau (2 fois 4,5-5 cm sur 10-12 cm de diamètre)" m'affirma très sérieusement : "C'est impossible !", m'obligeant à mettre les points sur les "i". Lorsque je le fis, mon ami sourit amèrement, heureux de découvrir une vérité, amer de faire face à l'étendue de sa perte. Confiants et aimants, les enfants défendent leurs parents et dénient leurs fautes par tous moyens. Le déni de réalité ci-dessus dénoncé est ainsi renforcé par celui, tout aussi radical, de la faute du circonciseur parental, pour aboutir aux trois mensonges imbriqués de la dénégation : "Non, mes parents ne sont pas des criminels ! La preuve, ce n'est pas une mutilation ; de toutes façons, c'est moral et hygiénique." Ce mécanisme est celui de l'aliénation totale. La mise sous terreur infanti-lise l'enfant à vie, le rendant incapable de jamais parvenir à l'âge adulte. Bien sûr il parviendra à la majorité et aura le droit de vote mais il ne sera jamais capable d'indépendance vraie, c'est-à-dire d'arriver au niveau de conscience qui lui per-mettrait de mettre en doute et de contrôler les dires et actes de ses géniteurs ou supérieurs hiérarchiques et de se révolter contre lorsque nécessaire. En particu-lier, il s'opposera systématiquement à toute remise en cause de l'ordre établi et se montrera un censeur farouche. Le concept d'infantilisation à vie permet de comprendre la résistance des esclaves à ceux qui veulent les libérer individuellement, en dehors d'un mouve-ment de révolte collective. De même, dans les pays développés, les jeunes filles excisées sont très réticentes et résistent à se révolter contre les exciseuses. Au procès, elles se montrent indulgentes et manifestent peu de goût pour la con-damnation de leurs bourreaux. La mutilation sexuelle est une mutilation faite en amour, "pour ton bien". Ce ne sont pas les parents mais "les autres" qui sont res-ponsables de la misère. Dans un autre registre, on doit citer l'exemple de ces universitaires noires américaines en mal de racines qui, une fois obtenus des ti-tres universitaires impressionnants, s'empressent de retourner au pays pour se faire exciser ! Ici encore, le poids de la communauté opprime l'individu qui ne parvient jamais véritablement à l'indépendance de l'âge adulte. Dans un tel con-texte, c'est toujours l'autre, l'étranger, celui qui n'est pas coupé, qui est coupable. Le but des élites à l'origine des mutilations sexuelles est ainsi atteint à la perfec-tion. Leur domination est renforcée par le déplacement de leur propre culpabilité sur "les étrangers", qui deviennent l'objet phobique de la psychonévrose collec-tive. Un symptôme typique de ce déni est la revendication de la majorité des militants américains contre la circoncision pour le droit des adultes à la circonci-sion. A l'encontre de cette effarante prétention, il faut dire et répéter qu'il n'y a pas plus de droit à la circoncision que de droit à l'amputation d'un bras ou d'une jambe. Il y a par contre un devoir du médecin de refuser de telles demandes.
En effet, soupçonné d'injustice, l'autre, l'inconnu, devra supporter la pro-jection de la responsabilité non imputée aux parents. Il souffrira une âpre et abu-sive propension à la méfiance et à la revendication, et des récriminations immo-dérées à propos de choses aussi variées que surprenantes. Le circoncis s'offense-ra facilement, il aura tendance à prendre mal la moindre intrusion dans son uni-vers. Cette protestation est pleinement justifiée quant à sa cause première en-fouie dans l'inconscient. Son moteur est extrêmement puissant ; c'est l'alliance des trois pulsions fondamentales de survie, sentimentale et morale qui récla-ment, à corps et à cris, autant le droit de ne pas être mutilé que celui de ne pas avoir à mutiler ses propres enfants. Ce sont surtout les femmes et les étrangers qui, pris à témoins puisqu'ils sont indemnes, deviennent, à la moindre occasion, la cible privilégiée sur laquelle vont se projeter les accusations à porter contre père et mère. Si leur image parentale reste intacte, les martyrs des mutilations sexuelles infantiles se rendent insupportables. Cette tendance à la psychose ne peut être contenue que par un sévère contrôle social. Ce contrôle n'est pas toujours présent. Dans la plupart des démocraties, les "étrangers" qui les peuplent sont confiants comme les enfants envers leurs pa-rents circonciseurs. Ils n'ont pas la moindre idée de la violence induite par les mutilations sexuelles. La Norvège fait heureusement exception. Au pays des Vi-kings, on ne craint pas de s'informer sur la piraterie et les statistiques de crimi-nologie recensent l'origine ethnique. Les norvégiens se sont ainsi assurés que la piraterie contre l'enfant génère la piraterie contre les femmes ; 60% des viols sont commis par 2% de la population qui sont circoncis . Maintenant qui est raciste, les statisticiens norvégiens ou les violeurs ? Qu'elle soit inductrice ou induite, cette psychose s'exprime aussi dans des guerres dévastatrices (cf. Annexe V). Sur les dix génocides des temps modernes, neuf ont impliqué des sexuellement mutilés d'un côté au moins. Les pays cir-conciseurs sont trois à quatre fois plus souvent en guerre que les autres, la peine de mort y est deux fois plus fréquente et ils sont les seuls à exciser les femmes. Si les mutilations sexuelles infantiles sont la signature la plus voyante de la folie majoritaire lorsqu'elle parvient à installer dans la coutume éducative les instru-ments de la tyrannie, les sociétés où elles sévissent sont souvent des sociétés pa-ranoïdes, dangereuses pour elles-mêmes et pour les autres 80 (Irak, Iran, Israël, Liban, Lybie, Pakistan, Rwanda, Soudan, Syrie, Tchad, Turquie de 1905, USA, etc.). Ce lien entre tempérament guerrier et circoncision a été observé de toute antiquité ; Moïse, adversaire farouche de la circoncision, fut le premier à en faire état :
"La durée de notre voyage… avait été de 38 ans. A cette époque, toute la génération "guerrière avait disparu… " (Deutéronome, 4 : 14)
Il est confirmé et élargi par l'anthropologie américaine qui a relevé, dans qua-rante neuf sociétés primitives, une corrélation statistique absolue entre la vio-lence, l'absence de soins tendres aux enfants et l'interdiction de la sexualité pré-maritale . Le psychanalyste Moisés Tractenberg affirme :
"Une autre conséquence psychologique de la circoncision précoce est qu'elle imprime "dans l'esprit du nouveau-né une situation agressive et traumatique… L'impossibilité "d'appréhender une aussi effroyable introjection d'agression dirigée vers l'intérieur "peut conduire, a posteriori, à l'émergence de comportements psychopathes et violents "ou, dans de nombreux autres cas, à l'émergence d'un masochisme extrême."
L'ethnopsychiatre et psychanalyste Tobie Nathan rapproche l'initiation par la circoncision de l'initiation des SS .
- Psychiatrie et circoncision
Du côté des agents, une récente avancée de criminologie psychiatrique diagnostique chez les non-intacts un symptôme de Münchhausen par procuration , collectif et transgénérationnel. Dans ce syndrome, écho de la pensée d'Alice Miller, les criminels, fortement soudés par l'association de toute l'ethnie, tirent empathie, gloire et pouvoir non seulement du mal qu'ils infligent à leurs victi-mes mais aussi de celui qu'ils ont eux-mêmes subi de leurs propres parents. Cela lui confère une force exceptionnelle, une compulsion de répétition particulière-ment âpre, appuyée par le déni de réalité ci-dessus évoqué et renforcée par le ca-ractère collectif de l'agression. Les connaisseurs du syndrome de Münchhausen objecteront que dans le syndrome originel, l'abuseur dissimule son crime. Mais dès lors que le syndrome devient collectif, la dissimulation criminelle a tout loi-sir de se renverser en affichage public de la mutilation à la fois reçue et infligée, niée comme telle et vantée comme symbole d'une identité collective discrimi-nant l'étranger. Semblablement, la compulsion à consulter le médecin ne peut exister dans les mutilations sexuelles rituelles où religion et tradition tiennent lieu d'autorité médicale. Le psychanalyste remarquera que nous sommes en pré-sence d'un renversement dans le contraire du plaisir sexuel interdit (l'autosexua-lité), transformé en douleur censée nécessaire à l'obtention de l'amour et l'estime des parents. Les mutilations sexuelles infantiles frappent directement l'organe coupable, pour la plus grande satisfaction des grands-parents. Du côté des victimes, psychologie et psychiatrie constatent les multiples symptômes provoqués par les mutilations sexuelles infantiles. On peut noter une crainte de la répétition du traumatisme 21 et, paradoxa-lement (il s'agit d'un clivage), une compulsion à le répéter sur autrui, ses propres enfants notamment 16, 21, 22, 23, 75. Tout se passe comme si les enfants devenaient criminels à leur tour pour mieux fermer les yeux sur l'acte de leurs parents. On relève des réactions ultérieures inadaptées en cas d'agression : pani-que, rage, violence, conduite suicidaire, dissociation 21, 22, 75. Comme tout d'abord remarqué par une infirmière américaine, les enfants circoncis sont hypersensi-bles à la douleur . Les rares non-entiers conscients de leur perte éprouvent des sentiments de honte, d'amertume, de colère et de ressentiment. La majorité inconsciente est af-fectée d'un sentiment de supériorité envers les "non circoncis" – pouvant se tra-duire par une condescendance parfois teintée de compassion – et souffre d'une culpabilité inconsciente. Les pratiques sexuelles déviantes, l'homophilie notamment, sont favori-sées par une peur (ou haine) inconsciente des femmes provoquée par la rupture, à la fois brutale et prématurée, du lien mère-enfant 16, 21, 22, 75, vécue comme une trahison. La circoncision à la naissance, s'en prenant à l'enfant à l'âge où il est le plus vulnérable, est un symptôme pédophobe. Le puritanisme anglo-saxon (cir-concision dans les trois premiers jours) semble avoir voulu faire de la surenchère sur le judaïsme qui attend le huitième jour. Comme lui, il profite de la faiblesse des accouchées, violant leur réflexe canin (psychose puerpérale). Les effets du trauma sont plus profondément perturbants à cet âge car les victimes, violées dans leur innocence et abusées dans leur confiance, sont totalement dépourvues de défenses et de possibilité de compréhension 21, 22, , . Cependant, l'idée que la circoncision à la naissance ne provoquerait pas d'angoisse de perte de l'amour ou d'angoisse de castration, exprimée par Maïmonide 24, se retrouve jusque chez Anna Freud . Mis à part l'hypothèse, aujourd'hui réfutée, selon laquelle les nouveau-nés n'auraient qu'une vie végétative, cette idée est rigoureusement con-tradictoire avec l'existence de l'inconscient, qui enregistre tout. Freud a en effet observé que les phantasmes peuvent se produire après-coup, par fixation sur des expériences antérieures. Quelques-uns, inconscients des réactions émotionnelles, vantent le "calme" postopératoire chez certaines victimes. Mais les spécialistes du mental 21, 22, 23, 75 parlent d'état de dissociation et de stress post-traumatique ; il englobe la dissociation psychologique lors du trauma, le retour ultérieur d'images ef-frayantes (cauchemars) et l'évitement des situations susceptibles de rappeler le trauma. Les mères sont écartées de la salle d'opération. La perturbation, parfois grave, de la relation mère-enfant (attachement, allaitement) est systématique : l'enfant retire sa confiance et ne regarde plus sa mère dans les yeux 5. Les professionnels du mental ont régulièrement affaire aux victimes de la circoncision. Tout au long de ses œuvres, Freud attribue l'origine des névroses à un traumatisme sexuel survenu dans l'enfance. Même lorsque, plus tard, il for-mule sa théorie du fantasme, il n'a jamais abandonné ce dire. Il semble n'avoir pas cru ses oreilles des révélations de ses patients et même, selon Alice Miller, avoir dénié le traumatisme du à sa propre séduction dans l'enfance par un mem-bre de sa famille. De plus, nous constatons qu'il déniait la valeur sexuelle du prépuce, soit par ignorance soit par déni du traumatisme de sa propre circonci-sion :
"En effet, l'homme n'a qu'une seule zone sexuelle prédominante, un organe sexuel, "tandis que la femme en possède deux : le vagin – proprement féminin – et le clitoris, "analogue au membre masculin." d'après ,
Cela ne l'empêche pas de condamner sans appel la circoncision :
"Lorsque nos enfants entendent parler de la circoncision rituelle, ils se la représentent "comme équivalente à la castration." 78
"... l'angoisse de castration est un des moteurs les plus fréquents et les plus forts "du refoulement et par là même, de la formation des névroses. Des analyses de "cas où ce ne fut certes pas la castration mais bien la circoncision qui fut pratiquée "chez des garçons comme thérapie ou comme punition de l'onanisme (ce qui ne fut pas "rare dans la société anglo-américaine) ont donné la dernière certitude à notre "conviction." ,
S'attaquant à un tabou, Freud prend des gants. La condamnation est atténuée, in-directe. Ce sont seulement ses conséquences qui condamnent la chose. De même, il n'a affirmé que très discrètement – dans une note de bas de page d'une œuvre posthume 77 écrite en exil après la montée du nazisme – que la circonci-sion s'apparente aux menaces de castration. Cependant, le seul fait de tolérer la circoncision rituelle, pseudo-médicale ou même cosmétique laisse planer l'op-probre sur la sexualité de l'enfant (autosexualité), avec de graves conséquences pour la psyché individuelle et collective. Nous sommes en présence d'une théorie psychanalytique des mutilations sexuelles infantiles comme punition qui n'ose dire son nom que dans l'extré-misme victorien et puritain : la punition "originelle" de la sexualité infantile. C'est le châtiment hypocrite de ceux qui affirment : "Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais." En conséquence, elle est seulement inconsciemment ressentie par l'enfant. Il arrive que l'enfant qui a des cernes sous les yeux par excès d'auto-sexualité soit sévèrement puni, sans mot dire. Bien entendu, il ne prend cons-cience que par un hasard extraordinaire de la raison d'une punition sans motif et il pense que ses parents sont injustes. La répression de l'autosexualité est une dangereuse folie. Le constat de Freud est tristement confirmé par les tests psychologiques réalisés par Cansever sur douze jeunes turcs avant et après leur circoncision. Une enquête récente menée sur 1 577 garçons philippins âgés de 11 à 16 ans montre que 70% de ceux qui ont subi la circoncision rituelle et 51% de ceux qui ont enduré la procédure médicale souffrent de stress post-traumatique. La cir-concision fabrique de la névrose, à tour de bras. Ce constat est attesté par le té-moignage du docteur Bruno Bettelheim :
"Dans la société occidentale, la circoncision est imposée à l'enfant sans défense auquel "elle n'offre aucun avantage déterminé et pour qui elle est, en conséquence, indésirable "et menaçante…"
Celui de Leboyer est encore plus éloquent ; il affirme que les conséquences psy-chologiques de la circoncision à la naissance la rendent pire que l'excision :
"Oui, tout ce qui est fait pour stopper la terrible pratique de la circoncision sera d'une "importance formidable. "Il n'y a aucun motif rationnel, médical, pour la fonder. Elle ne se fait que par habitude "sans que personne soit conscient du pourquoi. "Et, bien pire, sans que personne soit conscient des implications profondes et du résul-"tat pour toute la vie. Si nous nous souvenons que tout ce qui se passe dans les pre-"miers jours de la vie, sur le plan émotionnel, modèle toutes les réactions futures, nous "ne pouvons que nous demander pourquoi une telle torture a été infligée à l'enfant. "Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu'il était totalement sans dé-"fenses, pourrait-il se développer en une personne calme, aimante, confiante ? En ef-"fet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours "sur la défensive, incapable de s'ouvrir aux autres et à la vie. "Il y a eu, récemment, une grande étude, internationale, menée par l'Organisation "mondiale de la santé, concernant ce qui arrive, en Afrique, aux jeunes femmes à l'âge "de la puberté. L'opinion publique fut atterrée et révoltée de découvrir les tortures et "mutilations (ablation du clitoris et le reste) infligées. La pratique de la circoncision est "exactement de la même nature et du même niveau. "Et nous nous disons "rationnels et développés" ! "Au moins ces jeunes femmes sont conscientes et on leur dit que c'est une sorte d' "épreuve, un acte de courage. Quoiqu'en fait, il s'agit de les rendre soumises aux hom-"mes et de s'assurer qu'elles ne mettront jamais en question le pouvoir des hommes. "Mais une telle conscience n'existe pas chez le nouveau-né. La torture est subie dans "un état d'impuissance totale qui la rend encore plus effrayante et insupportable. Oui, il "est grand temps qu'une pratique aussi barbare prenne fin. "Et le travail que vous faites est d'une immense valeur." 89
Nous ne trahirons pas la pensée de Leboyer en disant que les trois pre-miers paragraphes de cette lettre et le dernier s'appliquent aussi à la coupure prématurée du cordon ombilical.
Les dommages psychologiques provoqués par les mutilations sexuelles trouvent une illustration particulièrement aiguë dans les familles multiculturel-les. Les psychologues confrontés à de tels cas sont très embarrassés et parlent de problèmes d'identité. A adopter un tel langage, ils tombent dans le piège tendu par les mutilateurs qui font miroiter à leurs victimes l'illusion d'une identité su-périeure (celle du père ou de la mère) à acquérir à condition de subir la mutila-tion. Il arrive souvent qu'une jeune famille choisisse de ne pas mutiler. Il se peut alors que les adultes de la famille mutilatrice, terrorisés dans l'enfance par la mu-tilation sexuelle et ayant alors adopté, psychologiquement parlant, une identité de groupe plutôt qu'une identité personnelle, se trouvent brutalement confrontés à l'absence de résolution de leur complexe d'Oedipe, autrement dit à leur propre identification sexuelle – inconsciente, faut-il le souligner ? L'enfant aussi peut souffrir de ce problème. Ce dommage trouve ainsi une triste illustration dans les comparaisons entre cultures ; les exciseuses africaines répondent aux occiden-taux opposants aux mutilations sexuelles féminines que leurs filles ont autant le droit de ressembler à leurs mères que les garçons américains à leurs pères. Quel-que absurde que soit un argument affirmant que puisque la mère ou le père est infirme, alors l'enfant doit aussi être infirme, cette souffrance psychologique est un frein à l'abandon des mutilations sexuelles.
II – AUTRES AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS MEDICAUX
Il y a quelque chose d'indécent à aborder un tel sujet juste après avoir par-lé de la déshumanisation provoquée par les mutilations sexuelles infantiles. Nous le ferons cependant pour ne pas donner trop mauvaise conscience à ceux qui se sont laissé prendre à ce piège.
I - Prophylaxie
Les arguments médicaux en faveur de la péritomie sont contestés par un nombre croissant de médecins. Winberg et ses collègues suédois ont renversé le principal argument des tenants de la circoncision : les infections infantiles par remontée urétrale – par ailleurs faciles à soigner – ne se produisent pas lorsque l'intimité du couple mère-enfant est respectée. Les nouveau-nés sont naturellement immunisés contre les colibacilles familiaux. Ces infections adviennent surtout lorsque l'en-fant, séparé de sa mère, est exposé à la contagion nosocomiale. Les recomman-dations de Leboyer trouvent ici un écho inattendu. Toujours en ce qui concerne les infections post-opératoires, l'épidémie de staphylocoque doré résistant à la méticilline frappe 12 fois plus les nouveau-nés sexuellement mutilés . La violence appelle la violence ; on ne peut pas combattre la débauche par la violence des mutilations sexuelles. De toutes façons, contrairement à la ru-meur, la circoncision semble globalement sans incidence sur les M.S.T. 5, 13, 14, 16, 19, 20, , , , , et l'alibi prophylactique ne tient pas. Selon l'enquête de Lau-mann 19, menée sur 1470 sujets, les non-intacts courent un risque nettement plus élevé pour deux MST ; ils sont 25 fois plus exposés aux chlamydiae et 2 fois plus à l'herpès. Pour ces deux mêmes maladies cependant, l'enquête de Cook 99 sur 2776 sujets donne un résultat neutre. Elle indique aussi une certaine protec-tion des non-entiers pour la syphilis et la gonorrhée mais ils sont davantage su-jets aux verrues génitales. Sauf pour le SIDA et l'herpès, lutter contre les infec-tions est aujourd'hui facile. Vis-à-vis des MST autres que le SIDA, la circonci-sion est neutre. La troisième importante étude statistique, menée sur un échantil-lon représentatif de la population britannique 20, montre une remarquable indiffé-rence des MST au statut de circoncision mais elle n'a pas concerné le SIDA. Les deux études concordent à affirmer que les sexuellement mutilés sont relativement protégés pour le SIDA mais Talbott a montré que la prostitution, et non le prépuce, est le grand vecteur de la pandémie en Afrique. L'effrayante étendue de l'épidémie de SIDA en Afrique a, une fois de plus, entraîné la culpa-bilisation d'un prépuce décidément bouc émissaire favori des épidémies de pho-bie puritaine. Faute d'intégrer les facteurs éthiques et comportementaux, les en-quêtes statistiques , , qui ont montré une importante (60% sur un an, 50% sur deux ans) diminution du risque grâce à la circoncision, quelque fascinants que puissent être ces résultats, sont susceptibles d'être gravement trompeuses. Le prix élevé de la perte du prépuce du grand nombre n'est pas justifié par ces en-quêtes aux conclusions hâtives cf. 102, et Appendice III. Si l'on ajoute la vulnérabilité génétique et celle provoquée par le schistosoma mansoni , on est bien forcé de relativiser le rôle du prépuce. Car l'exemple du Japon (premier consommateur mondial de préservatifs) où les MST, et notamment le SIDA, sont rares, prouve au monde entier que rien ne remplace la véritable hygiène ou le préservatif. Le prépuce est beaucoup plus facile à nettoyer que les ongles ou les dents et on n'ar-rache pas ces dernières pour éviter d'avoir à les laver. Par contre la répugnance des sexuellement mutilés à l'utilisation du préservatif 23, 34 – pour cause de faible sensibilité du gland – est certainement la grande cause de l'importance de l'épi-démie de SIDA aux États-Unis et en Afrique. La circoncision de la majeure par-tie de la population n'a protégé du SIDA ni les USA – le pays développé où l'épidémie a fait le plus de ravages – ni l'Afrique. Par ailleurs, lorsque la cica-trice est fragile, elle est une porte d'entrée pour les infections. Les verrues génitales causées par le papilloma virus frappent environ 6% de la population. Une étude indique que les circoncis en sont deux fois plus atteints. En ce qui concerne le cancer du pénis, il est extrêmement rare et le taux de mortalité en est très faible : 1/100 000 aux USA où la majorité des hommes sont circoncis mais seulement 0,82/100 000 au Danemark où très peu d'hommes sont circoncis. Mais surtout, comme l'assure l'American Cancer Society , il est lié au manque d'hygiène, au tabagisme et aux pratiques à risque. Il ne faudrait pas que l'inconduite de quelques uns provoque pour la totalité de la population masculine non seulement la perte de jouissance mais encore la mortalité et au-tres accidents dus à la circoncision. Le même raisonnement vaut pour le cancer du cervix parfois imputé à l'absence de circoncision, aujourd'hui combattu par le vaccin contre le virus du papilloma. L'argument hygiéniste est le leitmotiv des ignorants, soit sauf exception les dames et les mutilés (le plus souvent originaires des pays chauds). Il ne ré-siste pas au fait que, sous les tropiques, d'une part des milliards d'hommes vivent avec leur prépuce , d'autre part des ethnies de non-intacts et d'intacts vivent souvent côte à côte (Hutus et Tutsis, Kikuyus et Luos, Africains du Sud). Si les intacts se portaient plus mal, cela se saurait. Cet argument est d'autant plus dan-gereux qu'il paraît se fonder sur un savoir empirique tirant sa force de l'antiquité de sa pratique – ce qui est parvenu à impressionner quelques occidentaux. Parmi les médecins militaires, seuls, à la différence de leurs homologues allemands, français, italiens, japonais et vietnamiens, ceux des pays anglo-saxons, in-fluencés par le puritanisme, l'ont utilisé pour imposer l'opération aux jeunes re-crues. Le mythe hygiéniste tente d'accréditer l'idée que la circoncision est faite pour le bien de l'enfant. La vraie raison est beaucoup moins avouable. L'éthique interdit la mutilation pour motif prophylactique. Cette règle est tout particulièrement vraie pour une opération portant sur un organe sexuel mais elle l'est davantage encore en ce qui concerne les enfants ; ils ne doivent pas être victimes des pratiques sexuelles à risques de leurs aînés.
II – Répression de l'autosexualité
C'est le véritable argument pseudo-médical, non seulement pour l'enfant mais aussi pour les militaires. En effet, selon le phantasme de Kellog et quelques autres, l'autosexualité serait épuisante et rendrait les troupes inaptes à la guerre.
III – Gastro-entérologie
Un gastro-entérologue juif recommande la nourriture "kasher" comme ré-gime antispasmodique. Les spasmes seraient réduits en évitant l'ingestion de sang animal (viande et poisson). Or les mutilés du prépuce sont victimes de stress post-traumatique provoquant des spasmes du colon (Freud a subi des co-loscopies). Aussi, à la différence de la cuisine chrétienne, la juive pique l'ail dans le poulet ou le gigot, pour faciliter l'écoulement du sang. C'est la raison de la cruauté juive et musulmane dans l'abattage des animaux. La torture des jeunes enfants provoque la torture des animaux. L'abolition de la circoncision est une nécessité pour le vivant. De plus, la psychanalyse montre que le symptôme se déplace et a des ré-percussions d'un endroit à l'autre du corps. Il n'est pas étonnant que la coupure du conduit préputial provoque des troubles dans le colon et l'anus, que Freud dé-clare particulièrement érogène chez lui-même, à l'encontre des observations de l'anatomie sexuelle.
IV – Développement de l'enfant
La médecine psychosomatique rapporte que dans les familles répressives, dans lesquelles les enfants sont battus, leurs maxillaires ne se développent pas normalement et leurs dents se chevauchent. Même pratiquées sur les seuls mâ-les, les mutilations sexuelles font partie du tableau clinique de ce symptôme.
III – ÉTHIQUE, DÉONTOLOGIE, LOI
"Celui qui sacrifie une liberté essentielle à une sécurité
"éphémère et aléatoire ne mérite ni la sécurité ni la liberté."
Benjamin Franklin
Qu'en est-il alors de celui qui prive de cette liberté des enfants innocents ? Selon la loi et la jurisprudence, la circoncision (et son anesthésie) par les non médecins, portant atteinte à l'intégrité physique, relève de l'exercice illégal de la médecine. Cette règle n'est pas respectée. Soucieux de ses prérogatives, le Conseil national de l'ordre des médecins a obtenu du gouvernement la passation du décret du 6 janvier 1962 qui énumère un certain nombre d'actes réservés au corps médical. L'épilation à la cire en fait partie mais pas la circoncision. Com-ment ne pas voir là l'influence des religieux juifs ? Si les arguments strictement médicaux plaident contre la circoncision, il faut élargir le débat à l'éthique élémentaire qui d'une part interdit les amputa-tions à titre préventif, d'autre part répugne aux mutilations cosmétiques ou arbi-traires et les réprouve carrément sur les enfants. Effectivement, en accord avec la loi qui criminalise la mutilation (cf. cha-pitre II), le code de déontologie médicale s'oppose à l'opération :
"Article 41 : Aucune intervention mutilante ne peut être pratiquée sans motif médical "très sérieux et, sauf urgence ou impossibilité, sans information de l'intéressé et sans "son consentement."
"Article 43 : Le médecin doit être le défenseur de l'enfant lorsqu'il estime que l'intérêt "de sa santé est mal compris ou mal préservé par son entourage."
La castration du pénis étant tombée en désuétude, le terme castration est aujourd'hui réservé à l'ablation des gonades. Mais certaines cultures ne recon-naissent pas l'existence du phallus féminin. En dépit du mouvement internatio-nal, humanitaire et social qui se dresse de plus en plus fermement contre cette monstruosité, elles le traitent comme un bout de peau inutile, voire malsain et dénient parallèlement toute valeur au prépuce. Nous avons démontré que cette absence de considération de parties essentielles du corps humain repose sur l'ignorance de la physiologie sexuelle. En conséquence – sauf raisons stricte-ment médicales – il n'y a rien d'abusif à parler de castration et donc de criminali-té, pour l'ablation des organes fonctionnels que sont le clitoris et le prépuce. Si la circoncision est un symbole de castration, ce n'est pas un acte symbolique mais bien une castration effective d'une partie appréciable du sexe masculin. Excision et circoncision sont la castration des organes de la sexualité dite infantile (auto-sexualité). Les médecins ont donc un devoir absolu de refuser la circoncision pour motif rituel, cosmétique ou autre non médical et de dénoncer aux autorités les circoncisions qui peuvent être empêchées. Il ne faudrait pas qu'une médecine pu-ritaine vienne prendre le relais de la superstition et de la compulsion circonci-seuse . L'ordre des médecins commence à se préoccuper du problème déon-tologique posé par l'extension du phénomène. Le droit à l'intégrité physique de l'enfant doit être respecté. Les adultes raisonnables choisiront de garder leur prépuce, le médecin éconduira gentiment les autres en leur expliquant les fonctions de l'organe et l'intérêt de sa préserva-tion. Car les mutilations sexuelles infantiles dénaturent les sexes et ravagent les esprits. Ces ordalies traditionnelles sont des tortures d'autant plus monstrueuses qu'elles visent de jeunes enfants.
CONCLUSION
Quatre prépuces sur cinq en liberté sur terre, Le cinquième n'est pas défaut héréditaire.
Les coups et la circoncision sont les deux méthodes violentes d'éducation qui sont la norme dans la Bible. Toutes deux ont été prouvées néfastes et sont en voie d'être abandonnées. La posthectomie s'est répandue dans les pays anglo-saxons, à l'époque victorienne et pendant la première moitié du vingtième siècle, par le biais de